La crise humanitaire s’aggrave dans le nord de l’Inde et au Népal.

Publié le 03 septembre 2008 | Modifié le 28 décembre 2015

Le 18 août dernier les pluies de mousson qui se sont abattues sur l’Etat indien de Bihar, à la frontière du Népal, ont provoqué les pires inondations en un demi-siècle dans la région et fait déborder la rivière Kosi. Des centaines de villages ont été submergés et des millions de gens ont été coupés du monde. Il y aurait 107 000 sinistrés au Népal selon les dernières estimations du gouvernement. Dans le nord de l’Etat indien de Bihar, la situation s’aggrave alors que les inondations envahissent de nouveaux districts. Selon le dernier bilan, 3,3 millions de personnes sont victimes des inondations et près de 100 personnes ont péri en deux semaines.

Les fortes pluies en période de mousson sont un phénomène courant en Inde et dans cette région en particulier. Mais cette fois l’ampleur de la catastrophe est due à la destruction de digues en amont du fleuve Kosi ce qui a forcé le fleuve à changer de direction par rapport à son cours normal. Les populations de Bihar et de l’est du Népal affectées par ces soudaines inondations n’ont pas eu le temps de réagir et se sont trouvées submergées par les eaux.

Au Bihar, 230 000 maisons ont été détruites par les inondations, obligeant plus d’un million de personnes à chercher refuge, mais des centaines de milliers de personnes sont toujours bloquées par la montée des eaux et attendent d’être secourues. L’approvisionnement en eau et électricité a été complètement coupé dans la plupart des districts et les routes et les voies ferroviaires demeurent impraticables.
Au Népal, dans le district de Sunsari, 85 000 personnes auraient quitté les zones sinistrées.

Organiser les secours
Les secours de première urgence s’organisent cependant. Le gouvernement Indien a annoncé que 250 millions de dollars seraient débloqués immédiatement pour venir en aide au gouvernement local. Des camps d’accueil ont par ailleurs été dressés dans les régions les plus touchées, de part et d'autre de la frontière indo-népalaise. Dans les districts de Sunsari et de Saptari au Népal, 29 camps ont été établis pour accueillir le nombre croissant de personnes déplacées. Dans l’Etat indien de Bihar, principalement touché par les inondations, le gouvernement indien a annoncé que 270 camps avaient été établis, abritant 250 000 personnes déplacées.

Les centaines de milliers de rescapés, entassés dans les camps, sont menacés par de graves épidémies. « Quand il y a beaucoup de monde concentré au même endroit, il est normal d'avoir quelques cas de diarrhées et autres infections, mais ces cas se multiplient, cela devient inquiétant et nécessite une surveillance de tous les instants », explique Mukesh Puri du bureau de l’UNICEF Inde. Il est important d'organiser les camps pour que les gens aient accès à des toilettes, à de l'eau potable et à un minimum de soins.

Les cadavres et les déchets ont contaminé les puits d'eau potable de la région, prévient l’UNICEF, et dans les districts de Bihar concernés, le Fonds des Nations unies pour l’enfance a envoyé des équipes de santé publique pour dépister les possibles maladies qui affecteraient les femmes et les enfants et les enrayer au plus vite. Une distribution de sels de réhydratation et de comprimés de purification de l’eau a été organisée ; des tentes ont été montées pour accueillir les femmes enceintes qui arrivent dans les camps.

Depuis les inondations de l’année dernière, qui avaient déjà touché cet Etat de l’Inde, mais dans des districts différents, l’UNICEF avait prédisposé des stocks de matériel de première urgence. Ceux-ci ont été immédiatement disponibles pour porter secours aux sinistrés : des bâches de plastique, du chlorure de chaux pour purifier l’eau, des kits d’hygiène pour les familles, des toilettes provisoires, des gilets de sauvetage, des draps, des tapis de sol

Les enfants premières victimes des inondations
En cas d’inondation, les enfants sont plus vulnérables. De plus petite taille que les adultes, ils peuvent être facilement emportés par les eaux ; souvent ils ne savent pas nager ou ne réussissent pas à s’accrocher lorsque les courants sont trop forts.
Par ailleurs, le plus grand risque qu’ils encourent vient de l’eau elle-même, et des maladies qu’elle transmet. Les enfants boivent l’eau des inondations et souffrent par la suite de diarrhée. Combinée à la malnutrition qui touche 40% des enfants de moins de cinq ans de l’Etat indien du Bihar, la diarrhée peut grandement compromettre la santé de ces enfants, dont bon nombre risque de ne pas s’en sortir.

Les prochaines interventions de l’UNICEF vont s’organiser en fonction des priorités suivantes :

  • Santé : éviter la propagation de maladies en soutenant les vaccinations contre la rougeole et en assurant aux enfants un apport suffisant en vitamine A, maintenir la chaîne du froid et assurer le bon fonctionnement des unités de santé mobiles.
  • Nutrition : cibler les interventions principalement sur les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent.
  • Eau et assainissement : assurer l’approvisionnement en eau potable grâce à la distribution de comprimés de purification et établir des abris provisoires équipés, entre autres, de latrines et de cabines de bain/douche.
  • Education : établir 50 espaces scolaires dans les camps d’accueil, mettre à disposition des équipements et fournitures scolaires, former et mobiliser des enseignants.

La situation humanitaire, en raison de ces inondations dans le nord de l’Etat de Bihar, est sérieuse et demeure imprévisible. Le Bihar est confronté à une crise humanitaire majeure qui nécessite d’urgence une réponse adaptée à la situation de la part de l’ensemble des acteurs concernés.

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