La peinture pour redonner le sourire

Publié le 30 novembre 2005 | Modifié le 31 août 2015

Nong Kok, camp de déplacés situé à la périphérie de la ville de Krabi, s’est construit pour reloger temporairement les habitants de l’île de Kho Phi Phi. La vague qui a encerclé l’île des deux côtés, a détruit presque entièrement le village où habitaient les Thaïlandais. Plus de 70 familles, majoritairement Moken et de religion musulmane, ont été relogées dans des baraquements, provisoires, à plusieurs centaines de kilomètres de leur île.

Un programme de soutien psychologique aux enfants à travers la peinture de batiks (tissu traditionnel coloré) a été lancé par le gouvernement. Un centre s’est créé avec plusieurs enfants du camp, qui ont commencé par s’inspirer des modèles des livres mis à disposition, et ont appris les techniques de base à l’aide d’un professeur. Certains, comme Songklod, ont rapidement laissé leur imagination prendre le pas sur les modèles.

Songklod, 14 ans, est un des plus talentueux des jeunes apprentis peintres du camp. Il réalise des batiks impressionnants de plusieurs mètres, chaque pièce demandant un travail extrêmement minitieux, parfois de plusieurs jours. Les oiseaux et la nature luxuriante sont des thèmes qui reviennent souvent dans ses peintures.

« J’étais déprimé après le tsunami, de voir ma maison détruite et mes parents perdre brutalement leur emploi. Peindre me soulage et favorise ma concentration », nous dit-il. Ces batiks, qui sont vendus entre 100 et 1 000 bahts (entre 2 et 20 Euros), permettent aux enfants d’aider économiquement leur famille, souvent au chomage. Les familles vivant à Nong Kok sont en effet principalement des pêcheurs, conducteurs de « long tail boat » (bateaux traditionnels en bois), de speed boat, ou qui travaillaient dans les structures hôtelières de l’île.

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