La première année de démobilisation des enfants soldats en Afghanistan donne de bons résultats

Publié le 16 décembre 2004 | Modifié le 24 décembre 2015

 Près de 4 000 enfants démobilisés : le programme de réinsertion propose des activités constructives au sein des communautés.

Voilà bientôt un an que le programme de démobilisation et de réinsertion des enfants soldats en Afghanistan fonctionne avec l’aide de l’UNICEF, et près de 4 000 jeunes ont été démobilisés. L’institution des Nations unies affirme aujourd’hui que ce programme a offert de nouvelles possibilités à des milliers d’enfants incapables d’aller à l’école pendant plusieurs années à cause des conflits.

Au total 3 998 enfants – des garçons uniquement, âgés de 14 à 17 ans -- ont été démobilisés dans quinze provinces du nord, du nord-est, de l’est et du centre de l’Afghanistan depuis que le programme a débuté en février. Au cours de la démobilisation, alors que les agents redoublaient d’effort pour identifier les filles ayant participé aux combats, il est apparu qu’aucune fille n’avait été enrôlée au sein des groupes armés.

Le programme pour enfants soldats se déroule en deux phases distinctes : en premier lieu, des comités locaux de démobilisation et de réinsertion (composés de représentants de la communauté et d’ONG soutenues par les équipes de l’UNICEF) évaluent chaque cas, pour déterminer si l’enfant a droit à une aide en fonction de son âge (moins de 18 ans), et s'il a bien été associés à un groupe armé. Chacun des enfants démobilisés bénéficie d’aides diverses : inscription dans la base de données du programme, cartes d’identité avec photo, évaluation médicale et psychosociale et séances d’instruction sur les dangers des mines antipersonnel, la prévention de la toxicomanie, les diffréentes options de réinsertion, la prévention du VIH/SIDA ainsi qu’une éducation sanitaire élémentaire. De plus, chaque enfant signe un engagement sous serment précisant ses responsabilités civiques. Les enfants démobilisés ont la possibilité, s’ils le souhaitent, de faire un test de dépistage pour le VIH et les maladies sexuellement transmissibles. Dans la seconde phase, chaque enfant démobilisé peut choisir entre plusieurs activités de réinsertion. Celles-ci incluent le retour à l'école, ou l'inscription à un programme de formation professionnelle qui permet d'acquérir des compétences pratiques.

Le programme insiste sur la participation de la communauté. Quelque 1 400 ex-enfants soldats sont inscrits dans des programmes destinés également à d’autres enfants vulnérables provenant de la même communauté, afin qu’ils se sentent mieux intégrés. Ces programmes de réinsertion offrent un soutien aux enfants travaillant dans la rue et aux jeunes non scolarisés ainsi qu’aux anciens enfants soldats. 87 % des enfants démobilisés n’ont bénéficié d’aucune éducation de type scolaire classique. Pour leur permettre de jouer un rôle constructif au sein de leur communauté, il est nécessaire de leur présenter une gamme de possibilités diverses qui combinent l’instruction "classique", comme l’alphabétisation, et la formation professionnelle. Le choix des anciens enfants soldats se porte le plus souvent sur l’agriculture et l’élevage, la fabrication de vêtements, la menuiserie, l’électronique et la maçonnerie.

Les ex-enfants soldats qui ont participé aux premières démobilisations en février arrivent maintenant à la fin de leur programme de formation et bientôt, plus de mille enfants recevront des équipements qui leur permettront de pratiquer leur nouveau métier au sein de leur communauté. Des emplois ont été trouvés pour ces jeunes et leurs progrès seront soumis à un contrôle régulier au cours des prochains mois. D’autre part, le Ministère de l’éducation a accepté qu'après neuf mois d’instruction comprenant des cours d’alphabétisation et la réussite à un examen de leurs compétences, les anciens enfants soldats du programme reçoivent un diplôme certifiant leur formation, même s’ils n’étaient pas inscrits dans une école.
 
Ibrahim Sesay, coordonnateur de projet de l’UNICEF en charge du programme de démobilisation et de réinsertion des enfants soldats a félicité tous ceux qui ont œuvré à la réussite de celui-ci. "L’engagement des partenaires à tous les niveaux, en particulier au sein des communautés où ces enfants sont à présent inscrits dans des programmes de réinsertion, a fait que des jeunes dont l’enfance n’a rien eu de stable voient à présent de nouvelles possibilités s’ouvrir à eux."

« Bien qu’ils n’aient pas eu les mêmes chances que la plupart des enfants au cours de leurs années de formation, ces jeunes ont prouvé qu’ils veulent contribuer de manière positive au développement de leur communauté », a-t-il ajouté.

L’UNICEF estime qu’il y a environ 8 000 enfants soldats en Afghanistan. La plupart ont été enrôlés contre leur gré dans les forces combattantes au cours des dernières années de guerre. Même si beaucoup d’entre eux ont d’eux-mêmes quitté leur unité, peu ont eu l’occasion d’acquérir une instruction ou des aptitudes à la vie quotidienne et ils risquent d’être marginalisés. Le programme de démobilisation et de réinsertion, qui se déroule en parallèle avec le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des adultes dans le cadre du programme "Nouveaux Débuts en Afghanistan", a pour objectif de fournir aux anciens enfants soldats des tâches pratiques qui leur permettront de gagner leur vie, d’aider leur famille à survivre et d’acquérir une instruction de base.

L’UNICEF espère à présent introduire le programme de démobilisation dans les provinces du sud, de l’ouest et du sud-est du pays qui n’étaient pas incluses en 2004. Le programme reçoit une aide du Ministère du travail américain, de l’Agence suédoise pour le développement, de l’Allemagne, de l’Initiative Ogata au Japon et des Comités nationaux de l’UNICEF dans les pays industrialisés, ainsi que d’avantages en nature de partenaires comme le Programme alimentaire mondial et l’Organisation internationale pour les migrations. Le coût total à ce jour est de 5,3 millions de dollars.

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