La Roumanie

Publié le 25 avril 2005 | Modifié le 31 août 2015

Le processus de restructuration sociale engagé en Roumanie transforme en profondeur toutes les couches de la société, qu'il s'agisse de la société civile en général, des individus ou des familles. Les enfants (il y a 5,4 millions de personnes de moins de 18 ans) et les femmes (51 pour cent de la population) font partie des groupes qui ont payé le plus lourd tribut à la transition. Bien que la qualité des services de soins se soit détériorée, la santé des enfants s'est améliorée, comme l'indique la légère baisse du taux de mortalité des nourrissons, qui était de 18 pour 1 000 en 2001. Toutefois, dans les zones rurales, ce taux est beaucoup plus élevé que dans les zones urbaines. La santé des femmes s'est aussi améliorée depuis 1990, si l'on en croit la baisse du taux de mortalité des mères qui est passé de 169 pour 100 000 naissances vivantes en 1989 à 35 pour 100 000 naissances vivantes en 2001.

Les familles roumaines sont profondément affectées par la crise généralisée qui se traduit par des difficultés économiques, une pénurie de ressources matérielles pour celles qui ont de nombreux enfants, l'inflation et le chômage. Après plus de 13 ans de transition, le Produit intérieur brut (PIB) et les salaires réels n'ont pas retrouvé leur niveau de 1989. (Le PIB se situe à 85,1 pour cent, et les salaires réels à 77,1 pour cent de leur niveau de 1989). Seulement 60 pour cent de la population âgée de 16 à 59 ans ont un emploi. De ce fait, 30 pour cent de la population vivent dans la pauvreté. Selon les dernières statistiques de l'Autorité nationale pour la protection de l'enfant et l'adoption (février 2003), 42 777 enfants vivent dans des institutions résidentielles publiques ou privées, et 76 pour cent d'entre eux ont entre 10 et 18 ans. En outre, 43 783 enfants sont pris en charge dans un cadre qui tente de reproduire le milieu familial, comme les foyers adoptifs ou les familles élargies. Certains des enfants confiés à des institutions sont abandonnés, mais la plupart y ont été envoyés en raison de problèmes liées à la transition, tels que la pauvreté, la malnutrition, l'abandon scolaire, l'exclusion sociale, les handicaps, le VIH/SIDA et des modes de vie risqués.

Les priorités de l'UNICEF

En Roumanie, l'UNICEF met actuellement en oeuvre, avec le gouvernement, la société civile et des organisations internationales, un programme de pays étalé sur cinq ans (2000 à 2004). Ce programme comporte trois volets principaux, outre des initiatives de communication et de mobilisation sociale. Dans le cadre du volet sur la santé, il soutient la Commission multisectorielle sur le SIDA, le Comité national en faveur de l'allaitement maternel et la nouvelle législation relative à l'iodation universelle du sel. L'accent mis sur l'amélioration des soins de santé a permis d'apporter de nombreux changements de politique qui ont favorisé l'accès aux soins et la convivialité des établissements de santé. Dans le cadre du volet sur la protection de l'enfant, il appuie l'élaboration de politiques et le renforcement des capacités, aux niveaux central et local, de tous les acteurs impliqués dans la protection des familles et des enfants à risque : les enfants abandonnés et institutionnalisés, les enfants handicapés, les enfants vivant avec le VIH/SIDA, les enfants vivant et travaillant dans la rue, les enfants victimes de maltraitance, de violence et de négligence ; et les enfants exploités et vendus. L'UNICEF soutient aussi la mise en place au niveau local de services cohérents, intégrés et basés sur la communauté, en renforçant les capacités des pouvoirs publics locaux et des partenaires non gouvernementaux, la recherche dans le domaine social, la formation des professionnels et l'élaboration de normes en matière de soins et de services. Dans le cadre du volet sur l'éducation, il soutient le développement des capacités de ses homologues nationaux dans le préscolaire et contribue à l'élaboration de la Stratégie nationale de renforcement des ressources humaines en matière de développement du jeune enfant. Une aide a aussi été apportée à des initiatives de soins et de développement du jeune enfant, telle qu'une l'éducation précoce offerte aux enfants de 0 à 3 ans et à leurs parents. En outre, l'UNICEF appuie la participation des enfants rom dans le domaine de l'éducation et un programme éducatif sur plusieurs années est désormais en place pour améliorer la qualité de l'instruction dispensée dans les communautés rom. Un processus d'intégration des filles a été initié en évaluant le programme scolaire national en tenant compte des spécificités propres à chaque sexe. Des campagnes massives de sensibilisation ont été conçues pour la télévision, la radio, la presse imprimée et le public en général à l'appui de diverses interventions, y compris la lutte contre le VIH/SIDA, l'allaitement maternel, l'intégration des enfants handicapés, la promotion du sel iodé et bien d'autres. Les questions suivantes, dont certaines concernent l'UNICEF, ont été mises en avant du fait de leurs répercussions sur les enfants roumains : § Lutte contre la pauvreté et intégration sociale : le Plan adopté récemment par le gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté et d'intégration sociale offre de nouvelles conditions favorables à tous ceux qui s'efforcent d'améliorer le développement et le bien être des enfants. Le principal objectif de l'UNICEF dans ce domaine est de protéger les enfants et les familles de la pauvreté et autres problèmes connexes, et d'offrir à tous les enfants, notamment les plus vulnérables et les plus marginalisés, la possibilité de réaliser leur potentiel. § La gamme de services basés sur la communauté destinés aux enfants à risque (abandonnés, qui ont quitté l'école ou qui sont marginalisés) s'appuie sur le principe que la famille est le milieu dans lequel l'enfant se développe le mieux. L'objectif est donc d'aider les familles à rester ensemble et à leur donner les moyens d'être autonomes. § Intégration sociale des enfants handicapés : il faut de toute urgence mettre en place des services visant à prévenir l'abandon et l'institutionnalisation à long terme des enfants, et promouvoir l'intégration des enfants handicapés, notamment dans les écoles et les garderies. § Justice pour les mineurs : l'analyse du système de la justice pour les mineurs entreprise en Roumanie par le gouvernement et des organisations non gouvernementales (ONG) devrait aboutir, dans un avenir proche, à la création d'un cadre national. Des efforts seront aussi fournis pour réformer ce système à l'aide d'une législation détaillée, de mesures correctionnelles autres que la détention et de services de réinsertion des jeunes délinquants basés sur la communauté. § Vente d'enfants, exploitation sexuelle, maltraitance et négligence : inconnus en Roumanie dans le passé, ces abus inquiètent à présent le gouvernement, l'UNICEF, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), et d'autres organismes roumains et internationaux. L'UNICEF et ses partenaires élaborent actuellement un nouveau programme directement axé sur la vente d'enfants, la maltraitance et les enfants séparés de leur famille. Ce programme comprendra la formulation de politiques et la mise en place de services communautaires d'intégration sociale des victimes, ainsi que des activités de prévention, y compris l'éducation et le soutien des familles. § Consommation de drogues illicites : une évaluation rapide a permis de constater que le nombre de personnes qui consomment des drogues illicites et injectables, y compris des drogues dures, a augmenté. Cette tendance a ensuite été portée à l'attention du gouvernement. Les programmes de l'UNICEF chercheront des moyens de renforcer la prévention et l'éducation sur la santé offertes dans les écoles.

Soutenir nos actions