La situation au Maroc des enfants et des femmes vue par des notaires

Publié le 05 décembre 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Stéphane Levet, notaire à Orléans et père de deux petites filles, nous fait partager son regard sur les actions menées par l’UNICEF au Maroc.

Qu’est-ce qui vous a destiné au métier de notaire ?

Le hasard des études de droit et j’étais davantage intéressé par l’aspect « juge de paix », la capacité à trouver un accord amiable entre les parties à l’inverse du métier d’avocat qui est de défendre une partie.

 

La profession notariale est un vecteur philanthropique dans le cadre de transmission de patrimoine ; trouvez-vous la démarche de sensibilisation de l’UNICEF France utile à votre fonction de conseiller ?

Bien sûr, cette action de sensibilisation donne du sens à la compréhension des dons en actions, dans la mesure où l’on peut plus facilement parler des associations lorsque nos clients nous le demande.

 

Tout comme vote consœur, Me Paquette à Montpellier, vous avez été tiré au sort pour une mission humanitaire UNICEF. Quelle a été votre réaction ?

J’y croyais pas (rire). J’ai mis un certain temps avant de comprendre de quoi il s’agissait et de me projeter. Et puis très vite, j’ai réalisé la chance unique qui s’offrait à moi de découvrir les actions humanitaires d’une organisation comme l’UNICEF. J’étais inquiet mais l’équipe m’a très vite rassuré.

 

Pendant 2 jours et demi, vous avez été à la rencontre des femmes et enfants marocains démunis, dans la région de Marrakech. Quelle image gardez-vous ?

J’ai été choqué par l’hygiène qui laissait à désirer dans le dispensaire de prise en charge des femmes battues de l’association WIDAD. Oui, les conditions d’accueil étaient très limite. Les yeux d’une adolescente m’ont beaucoup marqué également, lors de notre visite au centre de protection des jeunes filles « en délicatesse avec la loi ». Elle semblait elle-même ne pas comprendre pourquoi elle était là. Elle devait avoir 13 ans et était en train d’apprendre à lire !

 

Vous avez visité des écoles amies de l’UNICEF avec des classes d’apprentissage pour les enfants pauvres. Que retenez-vous de ces structures scolaires minoritaires au Maroc ?

J’ai été surpris par la présence d’associations de parents d’élèves dans les écoles amies de l’UNICEF. Ces écoles ont développé un projet pédagogique avec toutes les parties prenantes, enfants, parents, acteurs économiques. Les parents semblaient très impliqués, c’était bien de voir cela.

 

Vous dites que cette mission vous induit à relativiser les choses quotidiennes de votre vie, en quoi justement ?

Oui bien sûr ; je vais forcément partager cette expérience avec mes filles, par exemple, leur rappeler la chance qu’elles ont d’avoir un tel confort pour étudier.
J’ai aussi vécu à Tahiti pendant une période de ma vie ; mon patron avait créé une fondation pour la protection des enfants, j’avais été touché par cette démarche. Chacun peut contribuer à sa façon.

 

Comment avez-vous perçu le rôle de l’UNICEF ?

C’est navrant de se rendre compte que finalement le gouvernement peut se désengager ou anéantir des systèmes mis en place d’un pouvoir à l’autre sans prendre en compte la priorité des problématiques de ses concitoyens. Je comprends la présence de l’UNICEF, et surtout son influence sur ce gouvernement. En l’absence de l’UNICEF, les ONG que nous avons rencontrées ne pourraient tout simplement pas agir et fonctionner.

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