Le choléra s'installe pour longtemps en Haïti

Publié le 09 décembre 2010 | Modifié le 28 décembre 2015

Alors que les cas de choléra augmentent de jour en jour en Haïti, le travail des acteurs humanitaires devient de plus en plus compliqué : le climat politique est extrêmement difficile, après le scrutin présidentiel, d'une part et le pays n’avait pas connu d’épidémie de choléra depuis près 100 ans, d'autre part. Les médecins Margarete Colepodre et Mireille Tribie expliquent les difficultés qu’elles rencontrent pour soigner leurs patients. Pierre Poupard, coordinateur des urgences pour l’Unicef, expose les problèmes que rencontrent les acteurs humanitaires sur le terrain. Interviews croisées.

 

 

Aujourd’hui, le taux de mortalité lié au choléra est très impressionnant. Chaque jour, il y a de nouvelles victimes. Au 4 décembre, on comptait 2120 décès dus à la maladie et 44 000 personnes atteintes du choléra. C’est le 1er épisode de choléra en Haïti depuis un siècle. L’OMS prévoit qu’il pourrait y avoir jusqu’à 600 000 cas de choléra dans le pays.

Que peut-on dire sur l’évolution du l’épidémie de choléra dans le pays ?

L’Unicef est présent dans les centres de traitement du choléra. L’agence onusienne distribue du matériel aux ONG qui se chargent de soigner les personnes malades. Mais les missions essentielles de l’Unicef consistent à installer du matériel d’assainissement et à distribuer de l’eau potable, des sels de réhydratation orale et des tablettes de purification de l’eau. Actuellement, un appel de fonds lancé par les Nations-unies est en cours, appel dans lesquels l’Unicef a également fait un appel de fond. Dans les prochaines semaines, l’Unicef publie son rapport humanitaire annuel qui contient un chapitre sur Haïti. C’est là qu’apparaîtra un  nouvel appel de fonds.

Comment les dons ont-ils été utilisés depuis le séisme du 12 janvier ?

Après le tremblement de terre du mois de janvier, l’Unicef a mis en place tout un système, notamment pour accéder à l’eau potable. Presque un an après la catastrophe, il n’y a toujours pas de solution à long terme, pour le moment. Toutefois, le travail humanitaire a permis d’éviter le pire. Grâce aux dons, l’Unicef a, par exemple, contribué à la réouverture d’écoles temporaires, permettant aux enfants de retrouver des repères familiers.

Quel bilan peut-on faire, presque un an après le séisme du 12 janvier ?

Les élections haïtiennes générales ont eu lieu le dimanche 28 novembre, donnant lieu à un climat de tension exacerbée. Lors de ce scrutin, les malversations ont été nombreuses et les résultats définitifs ne sont pas encore connus.

Comment le travail du personnel humanitaire se déroule au quotidien ?