Le Covid-19 touche aussi les plus vulnérables, nous sommes à leurs côtés

Publié le 31 mars 2020

La propagation du coronavirus ignore les frontières et frappe davantage les plus pauvres, fragilisés par l’épidémie.

Les personnes vulnérables ne doivent pas être oubliées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Les familles isolées, sans-abri ou mal-logées sont autant de victimes potentielles du virus. Leur situation doit être prise en compte pour lutter contre le virus. Le non-accès à l’information, l’absence d’accès à l’eau et aux produits d’hygiène, déjà difficile en temps normal, est dramatique durant cette pandémie. Combattre le coronavirus suppose aussi de lutter contre les discriminations et les violences qui affectent ces familles et ces enfants. Le Covid-19 ne fait pas de discrimination, et pour l’endiguer, nous ne devons pas en faire non plus.

Des difficultés au quotidien

Ces enfants sont les victimes cachées de la pandémie et sont touchés par ses effets indirects. Leurs droits, leur accès aux prestations sociales et la protection qui leur est due se trouvent de fait limités. Il leur est presque impossible de respecter les précautions sanitaires et les gestes barrières. Trop souvent, des obstacles entravent leur accès à des soins médicaux. De plus, de nombreuses personnes en situation de précarité vivent dans l’insalubrité et dans des espaces exigus, ce qui les rend plus vulnérables à la propagation du virus et aux problèmes de santé.

Pour les familles en bidonvilles, l’accès à l’eau, à la nourriture et à la santé est encore plus ardu en raison des restrictions de circulation. Pour eux, le versement des aides sociales est ralenti, voire suspendu, et il n’est plus possible de recourir à des activités de survie (mendicité, ferraillage…).  Ces enfants déjà fragilisés pâtissent en outre de la suspension d’activité de plusieurs associations.

Que fait UNICEF ?

Aux côtés d’associations de terrain partenaires et pour la première fois en France, nous allons apporter une aide d’urgence aux familles et enfants vivants en logements précaires ou bidonvilles en Ile-de-France. Une aide d’urgence doit être assurée tout au long du confinement dans les squats et les bidonvilles, tout en respectant les gestes barrières pour la protection de chaque intervenant. L’objectif est d’informer sur les gestes de prévention, d’apporter des produits d’hygiène et de d’implanter des points d’eau et des sanitaires dans tous les lieux de vie informels.

>>> Face à la pandémie, que fait UNICEF ?

Pour protéger chaque enfant du coronavirus, il est crucial que les gouvernements agissent pour toutes les personnes sur leur territoire, indépendamment de leur statut migratoire ou social. Ce n’est qu’en adoptant une approche inclusive, en ne laissant personne sur le côté, en fournissant une information adaptée, que nous serons en mesure de surmonter cette crise sanitaire majeure.

En France, cela implique de faire en sorte que tous les enfants en danger (ou risquant de l’être) soient identifiés et aient accès à une protection adaptée une fois leur situation signalée aux autorités. Les dispositifs de protection doivent disposer de moyens renforcés pour s’adapter à l’accueil de mineurs. Lorsque des enfants vivent dans des campements ou des bidonvilles, voire sont en situation de rue, leur prise en charge doit comprendre la détection de symptômes du Covid-19 et la possibilité éventuelle d’un confinement individuel.

La situation étant exceptionnelle, les droits et prestations d’aide sociale à l’enfance de tous les mineurs en danger – dont les mineurs non accompagnés - devraient être prolongés, et la continuité de leur accompagnement devrait être garantie. Les protéger et les accueillir pendant toute la durée de l’épidémie est indispensable pour lutter contre la propagation du Covid-19.