Le difficile émancipation des Afghanes

Publié le 02 septembre 2009 | Modifié le 28 juin 2016

En Afghanistan, de nombreuses filles sont obligées de se marier jeunes, connaissent des grossesses précoces, ne savent ni lire, ni écrire. Pour permettre, malgré ce contexte, une amélioration de la condition des jeunes Afghanes, l’Unicef soutient des centres d’expression et de formation.

Mariages dès 14 ans, abus sexuels, violence domestique. Les problèmes auxquels sont confrontés les Afghanes sont multiples. Les jeunes filles ne peuvent pas toujours en parler : « Pendant longtemps j’ai souffert de la violence et de l’injustice de notre société, explique Nilab Tanhar, 16 ans. Mais je ne pouvais pas m’exprimer.»

Un groupe de parole d’une douzaine de filles

Puis Nilab a poussé la porte d’un Centre d’Information et de Contact pour les Jeunes (CICJ) de Jalalabad, structure montée par l’Unicef en partenariat avec le Ministère afghan de la Culture et de la jeunesse. Nilab y discute de ses problèmes avec une douzaine d’autres filles. Ces établissements existent aujourd’hui dans six provinces. Leur mission : aider les 12-25 ans, filles comme garçons, à parler et à résoudre leurs problèmes en leur donnant les compétences nécessaires. « Le CICJ m’a donné l’opportunité d’apprendre l’anglais et de me servir d’un ordinateur », poursuit la jeune fille.

Lorsque ce type de centres a ouvert ses portes en 2007, les filles n’avaient pas le droit d’assister à des séances de discussion. Leurs familles n’appréciaient pas cette initiative. Pour donner confiance aux parents, l’Unicef et ses partenaires ont recruté des animatrices et ont instauré un système de transport des jeunes filles du centre vers leurs domiciles. « Nous n’avons pas résolu tous les problèmes grâce à ces centres mais, petit à petit, la situation s’améliore, explique Daoud Noor Agha Zoag, directeur de centre pour les jeunes de Jalalabad. Les discussions que nous avons sur le mariage, les relations, leur avenir professionnel n’auraient pas été possibles il y a deux ans. »

« Pour venir au centre, je dois supplier comme un enfant »

Aujourd’hui, plusieurs centaines de filles assistent à ces groupes de parole et séances de formation. Mais tous les défis n’ont pas encore été relevés. « Toute ma famille sait lire et écrire mais mes parents m’ont fiancée à un homme illettré, se désole Nilab. A chaque fois que je veux venir ici, je dois supplier comme un enfant pour qu’il m’accompagne. Je ne veux pas me marier mais plutôt publier le livre de poèmes que j’ai écrit. J’ai besoin de voir d’autres gens mais on ne me laisse pas sortir de la maison. Si je suis là aujourd’hui, c’est uniquement parce que ma tante a accepté de m’accompagner.»

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