« Le temps presse… Les enfants syriens et yéménites ont besoin de nous »

Publié le 26 mars 2021

Parce que l’attention accordée à la Syrie et au Yémen n’est pas à la hauteur des besoins gigantesques auxquels font face ces pays, UNICEF France lance un appel, par la voix de sa directrice générale, Clarence Jaccard-Briat, après dix ans de conflit en Syrie et six au Yémen, dans une tribune parue aujourd’hui dans Ouest France.

Paris, le 25 mars 2021 - « Dix ans de conflit en Syrie, six ans au Yémen et des millions d’enfants abandonnés à leur sort. Le silence qui les entoure est assourdissant.

Un enfant sur quatre vit dans une zone de conflit, le nombre de pays en guerre n’a jamais été aussi élevé et les premières victimes sont les enfants qui souffrent en silence. Ils sont affamés, enrôlés comme soldats, parfois dès 7 ans. Ils ne vont pas l’école, ils vivent dans la peur, sans devenir. Ils sont blessés, tués. Chaque semaine, la pandémie de la COVID-19 rend la survie des familles et la protection de leurs enfants plus difficile et les expose à de nouveaux dangers.

Le temps qui passe laisse derrière lui une jeunesse sacrifiée, niée.

En Syrie, la vie et l’avenir d’une génération d’enfants sont suspendus à un fil.

Près de 90 % des enfants ont besoin d’une aide humanitaire, soit une augmentation de 20 % au cours de l’année 2020.

Plus d’un demi-million d’enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance dû à la malnutrition chronique. Près de 2,45 millions d’enfants en Syrie et 750 000 autres enfants syriens dans les pays voisins ne sont pas scolarisés. Dans le nord-est du pays, 27 500 enfants d’au moins 60 nationalités et des milliers d’enfants syriens associés à des groupes armés croupissent dans des camps et des centres de détention. Il est nécessaire et urgent de trouver des solutions durables à la situation de ces enfants, qu’ils soient réintégrés dans les communautés locales ou qu’ils soient rapatriés en toute sécurité dans leur pays d’origine.

Yémen : 12,4 millions d’enfants ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence

Au Yémen, 12,4 millions d’enfants ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. La malnutrition est la conséquence la plus dramatique du conflit armé prolongé. Le nombre de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire va augmenter de 3,6 millions à 5 millions de personnes au cours du premier semestre 2021, les laissant au bord de la famine. Le ventre vide, les enfants sont la proie de toutes les dérives…

Ces chiffres sont choquants et l’ampleur des ravages est inimaginable. Car, tous les acteurs humanitaires le constatent, les besoins sont immenses et ils sont loin d’être couverts.

L’Unicef est engagé massivement en Syrie et au Yémen. Aujourd’hui, notre organisation vaccine, apporte un soutien psychosocial, déploie des mesures de sécurité sanitaire en réponse à la pandémie de COVID-19, donne accès à l’eau, à l’éducation, à la protection. Sans relâche, l’Unicef plaide pour mettre fin aux violations faites aux droits de l’enfant, pour faire cesser les attaques militaires des écoles, des hôpitaux, des cliniques et des points d’eau, pour améliorer l’accès humanitaire, pour rétablir la dignité des enfants et défendre leur bien-être psychologique.

Face à un espoir de paix bien incertain, face au combat permanent des hommes et des femmes contre la mort, les enfants de Syrie et du Yémen, si fragiles, nous pressent d’agir.

La communauté internationale, déjà largement mobilisée, doit intensifier son effort pour ramener la paix et sortir de cet abîme. Au-delà, c’est l’effort de tous, le soutien de chacun d’entre nous, qui est décisif aujourd’hui et qui permet aux organisations de secourir les populations sur le terrain.

Il y a encore tant à faire pour secourir et protéger ces enfants syriens et yéménites, innocents, qui nous tendent les bras. »