Les dangers du trafic d'enfants en Haïti

Publié le 25 mai 2011 | Modifié le 10 septembre 2015

Une grande partie de la frontière entre Haïti et la République Dominicaine n’est pas surveillée. Le trafic d’enfants y est une réalité, exacerbée depuis le séisme de janvier 2010. Pour enrayer ce phénomène, des éducateurs soutenus par l’Unicef vont à la rencontre des familles, pour les alerter sur les dangers qu'il y a à confier leurs enfants à des étrangers : l’espoir d’une vie meilleure pour eux de l’autre côté n’est qu’un mirage… Reportage.

Le trafic d’enfants en Haïti n’est pas un phénomène nouveau. Avant le séisme de janvier 2010 déjà, de nombreux enfants, venus pour la plupart des régions rurales, étaient envoyés par leurs parents, dans d'autres familles ou chez des membres de leur famille élargie, dans l’espoir de leur offrir une vie meilleure et des perspectives d'avenir. Cependant la réalité est parfois tout autre : dans certains cas, ces enfants alors appelés les « restaveks » (car ils « restent avec », en créole) deviennent des domestiques, aux journées remplies d’épuisantes corvées ménagères, isolés des autres, parfois maltraités…

L'exploitation des enfants comme domestiques est aggravée par la vulnérabilité des communautés d’Haïti : une grande partie des familles employant des restaveks vivent elles-mêmes dans la pauvreté. Plus de la moitié de la population du pays vivait avant le 12 janvier 2010 avec moins de 1 dollar par jour, les 3/4 avec moins de deux dollars.

Agir à tous les niveaux

Le séisme a aggravé la situation de nombreuses familles, rendues encore plus vulnérables, et a eu pour conséquence d'augmenter le phénomène de trafic d'enfants. En effet, depuis le séisme, de nombreux cas de parents piégés par certaines personnes proposant de prendre en charge les enfants en vue de leur donner une vie meilleure ont été enregistrés. De nombreux enfants ont ainsi été emmenés hors du pays par des voies illégales. La réalité qui attend ces enfants est malheureusement tout autre : risques d’abus, de violences, d’exploitation...

Le trafic d'enfants entre Haïti et la République Dominicaine est un problème qui donne aujourd'hui lieu à des réponses simultanées et à des niveaux d'intervention distincts : en sensibilisant les communautés, en soutenant des patrouilles à la frontière et en travaillant en collaboration étroite avec les deux gouvernements, l'Unicef vise à assurer la protection des enfants face aux risques de trafic. 

En savoir plus

En 2009, on estimait à au moins 2000 le nombre d’enfants victimes de trafic entre Haïti et la République Dominicaine.
Depuis le séisme de janvier 2010, les enfants d'Haïti sont beaucoup plus exposés à ce type de trafic.

 

Autre article : "J’aime nettoyer" : l’enfer des enfants domestiques habitués à obéir

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