Les enfants du nord de l'Éthiopie ont un besoin urgent de protection et d'assistance

Publié le 01 juin 2021

Déclaration de la directrice générale d'UNICEF Henrietta Fore

New York, le 1er juin 2021– « L'ampleur et la gravité des violations des droits de l'enfant qui ont lieu dans tout le Tigré ne montrent aucun signe d'apaisement, près de sept mois après que les combats ont éclaté dans le nord de l'Éthiopie.

Plus de 6 000 enfants non accompagnés ou séparés ont jusqu'à présent été identifiés et enregistrés pour bénéficier d'une protection et d'une assistance. Nous craignons qu'il y ait beaucoup plus d'enfants qui ont besoin d'aide dans des zones que nous ne pouvons pas atteindre en raison de l'insécurité ou des restrictions d'accès imposées par les parties au conflit. La recherche et la réunification des familles sont entravées par le manque de télécommunications, la présence limitée de travailleurs sociaux et l'accès limité à travers les lignes de contrôle.

Les femmes et les jeunes filles sont toujours soumises à des actes de violence sexuelle effroyables. Plus de 540 survivantes ont reçu de l'aide par le biais des programmes d'UNICEF depuis le début des combats en novembre 2020, mais le manque général de sécurité et la peur des représailles empêchent un nombre incalculable de personnes de recevoir les soins et les services dont elles ont besoin de toute urgence.

La crainte des représailles ou des attaques est omniprésente

Les enfants, les parents et les soignants font état d'une anxiété et d'une détresse profondes, disant craindre des représailles ou des attaques. Les adolescents disent craindre d'être recrutés et utilisés par les parties au conflit. Les partenaires d'UNICEF continuent de signaler des arrestations et des détentions arbitraires.

Au moins 1,6 million de personnes, dont plus de 720 000 enfants, ont été déplacées par les combats dans la région. Les conditions dans les sites de déplacement et les camps de réfugiés sont surpeuplées, insalubres et dangereuses, ce qui amplifie les risques de violence sexiste, d'abus ou d'exploitation, et de maladies hydriques.

Les enfants paient un terrible de ce conflit

Une grande partie du Tigré reste inaccessible aux travailleurs humanitaires. Depuis début avril, au moins 31 missions d'équipes mobiles de santé, de nutrition et d'eau soutenues par UNICEF et ses partenaires ont été bloquées, soit en raison de l'insécurité, soit parce qu'elles ont été harcelées et se sont vu refuser le passage.

Les enfants paient un terrible tribut de ce conflit. UNICEF appelle toutes les parties à respecter leur obligation fondamentale de permettre un accès sans entrave et durable aux civils ayant besoin d'aide, en particulier aux enfants. Par-dessus tout, nous demandons à toutes les parties de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les enfants de la violence, de l'exploitation et de la maltraitance, et pour empêcher qu'ils ne soient séparés de leurs parents ou des personnes qui en ont la charge. »

Accéder aux contenus multimedia ici