« Les enfants du Vanuatu ne se sentent plus abandonnés »

Publié le 29 mai 2015 | Modifié le 31 mars 2016

Quelques mois après le passage du cyclone Pam, qui a dévasté la majeure partie de l’archipel du Vanuatu, nous revenons sur la réponse humanitaire de l’UNICEF pour les milliers d’enfants affectés.
Quelle est la situation des enfants du Vanuatu ? Quel est bilan de l’UNICEF ? Que réserve l’avenir pour ces populations victimes du changement climatique ?
Isabelle Austin, représentante adjointe du bureau UNICEF Pacifique, nous répond.

Comment vont les enfants du Vanuatu ?

Les enfants vont de mieux en mieux, et surtout ils ont le sentiment de ne plus se sentir abandonnés après la mobilisation de la communauté internationale et notamment des donateurs français.
Il faut bien s’imaginer que dans le Pacifique nous sommes isolés, les médias ne parlent jamais de nous en temps normal, et personne ne nous voit ni même sur une carte météo !

Quel est le bilan de l’UNICEF dans sa réponse d’urgence ?

Notre objectif était de venir en aide à 82 000 enfants affectés par la catastrophe, sachant qu’au total 166 000 personnes ont été touchées, soit près de la moitié de la population. Donc en proportion, ça vous donne une idée de l’ampleur du désastre, sans oublier les dégâts matériels considérables qui ont représentés jusqu’à 90% de destruction dans certaines îles.
 
Le défi était immense pour les enfants du Vanuatu. L’UNICEF s’est principalement concentré sur l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène, ainsi que sur les services de santé comme la vaccination. Nos équipes ont aussi établi des lieux d’accueil pour protéger les enfants et des écoles temporaires qui ont facilité la reprise de la scolarité.
De plus, l’UNICEF a crée une équipe de « Field monitors » (agents de suivi de terrain) qui vérifient la mise en œuvre de nos actions pour les enfants et leurs familles.
 
En conclusion, l’UNICEF a atteint quasiment tous les enfants qui avaient besoin d’une assistance humanitaire dans les zones ciblées par nos différentes actions, et c’est en cela une grande réussite.

Quelle est la principale leçon que vous retenez de cette urgence ?

Une telle catastrophe oblige le gouvernement à revoir sa stratégie de reconstruction et de développement. Les partenaires doivent aussi améliorer leur fonctionnement de travail en réseau, et les populations surtout sont invitées à mieux participer à la vie de leur société.
 
Les phénomènes climatiques sont de plus en plus fréquents, et surtout de plus en plus violents. Les populations doivent donc prendre en considération ce problème car cela concerne l’avenir de leurs enfants et du pays.
Comprenez bien que le bureau de l’UNICEF dans le Pacifique couvre 14 pays dont  certains, comme la République de Kiribati sont menacés de disparition à cause du changement climatique. La plupart de ces pays se trouvent à moins de 5 mètres au-dessus du niveau de la mer, donc imaginez la terreur pour les enfants et les familles quand des vagues de 4 mètres frappent leurs maisons et leurs terres…
 
Toutes les infrastructures de santé et d’éducation, dans lesquelles l’UNICEF intervient beaucoup et que nous essayons de renforcer, sont compromises à cause des catastrophes naturelles liées au changement climatique. Ce n’est pas seulement un problème qui se pose dans le futur, mais dès à présent pour toutes ces populations.

Quels sont les prochains défis de l’UNICEF au Vanuatu ?

Contribuer à reconstruire le système de santé. Les infrastructures médicales ont été gravement touchées par le cyclone Pam, il y a encore beaucoup à reconstruire, et l’UNICEF reste en charge du bon fonctionnement de la chaine du froid.
 
De manière générale, l’UNICEF défend le principe de « Reconstruire en mieux », un principe qui s’applique à la fois au matériel, par exemple en reconstruisant des bâtiments selon des normes plus strictes, et à l’humain par exemple en encourageant la sensibilisation et la participation des communautés sur leurs enjeux nationaux.

En fin d’année, l’UNICEF participera à la COP 21 à Paris. Quel sera le rôle de l’UNICEF durant cette conférence internationale sur les changements climatiques ?

C’est notamment en notre qualité de chef de file et coordinateur des opérations d’urgence dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, que l’UNICEF participe à la conférence COP 21.  Le changement climatique accentue les inégalités, et en tant qu’organisation qui prône l’égalité et l’équité entre tous les enfants, l’UNICEF ne peut pas rester silencieux.
Nous apporterons des réponses à cet enjeu crucial pour l’avenir des enfants et de l’humanité.
 
Durant la conférence de Sendai au Japon, en mars dernier, l’UNICEF a formalisé un document de prise de position qui sera présenté à la COP 21. Nous avons 3 messages majeurs :

  • Encourager la participation des enfants et des jeunes dans les discussions qui concernent l’avenir de leurs pays, surtout quand leurs pays sont menacés de disparition.
  • La préparation aux situations d’urgence que nous intégrons systématiquement dans les programmes scolaires avec les enfants et les professeurs. Les écoles servent souvent de centres de secours pour les déplacés en cas de catastrophe, et les enfants y apprennent les bonnes pratiques pour leur sécurité.
  • L’investissement dans les ressources en eau et assainissement. L’eau devient de plus en plus précieuse, c’est un enjeu mondial. Nous encourageons les gouvernements et surtout les communautés à réfléchir à la gestion de leurs ressources, et à participer à la planification de tous les systèmes d’approvisionnement en eau potable

Un dernier message à faire passer à nos Internautes ?

La mobilisation de vos donateurs qui a été très précieuse. Les enfants du Vanuatu vous remercient de cette belle solidarité !

« Les enfants du Vanuatu ne se sentent plus abandonnés »

Colloque « Faim et climat » co-organisé avec l’UNICEF

Isabelle Austin est intervenue durant cette conférence le 26 mai 2015.
Revivez le live-tweet de l’événement #HungerAndClimate.
 

Inscrivez-vous

Suivez toutes les actualités de l'UNICEF

Soutenir nos actions