Les enfants et les jeunes, grands absents de la lutte contre le VIH/sida

Publié le 21 mars 2006 | Modifié le 31 août 2015

Alors que s’ouvre le premier grand rassemblement régional consacré aux enfants et au sida, les organisateurs, parmi lesquels figurent le gouvernement vietnamien, des ONG et des agences onusiennes, ont expliqué que les enfants et les jeunes, qui représentent plus d’un demi milliard de personnes dans la région, doivent être au premier plan sur l’agenda de la lutte contre le VIH et le sida.

Le VIH et le sida s’étendent plus rapidement dans l’Est asiatique que dans la plupart des pays du monde. À moins d’un véritable engagement pour amplifier la prévention, le traitement, les soins et les programmes de soutien pour les enfants et les jeunes, la tendance ne s’inversera pas.

Le Premier Ministre vietnamien, Pham Gia Khiem, a déclaré que la consultation venait au moment opportun, étant donné que les pays luttent actuellement pour atteindre les Objectifs du Millénaire et pour réaliser les résolutions de la session de l’Assemblée générale des Nations unies sur le VIH/sida : « Nous souhaitons que des actions collectives et efficaces se généralisent afin que nos enfants puissent vivre une vie meilleure. Les enfants sont l’avenir du monde et nous croyons que ce qui est fait pour eux et fait dans l’intérêt du développement durable ».

Le VIH/sida a causé d’immenses dommages aux enfants dans l’Est asiatique et le Pacifique. Fin 2005, 450 000 d’entre eux avaient perdu au moins un de leurs deux parents à cause du sida, alors que des centaines de milliers d’autres vivaient avec un parent malade ou mourant. Plus de 30 000 enfants vivaient avec le VIH ou le sida, dont 11 000 avaient été infectés en 2005. Des millions d’autres enfants et de jeunes de la région sont gravement menacés d’infection par le VIH ou souffrent de stigmatisation et de discrimination.

On estime que l’extension de l’épidémie dans la région est probablement sous-évaluée. Or le manque de données fiables sur les enfants et les jeunes entrave gravement la lutte contre l’épidémie. Actuellement, seulement quelques pays de la région collectent de telles données, et rarement à un niveau supranational.

Anupama Rao Singh, le directeur régional de l’Unicef pour la région Est asiatique et Pacifique a déclaré que « Pour la plupart, les enfants restent en dehors du champ quand on mesure les risques et les impacts du VIH/sida. Ce n’est plus acceptable. Nous avons l’opportunité maintenant de changer les choses. Nous devons saisir l’occasion. »

La prévention joue un rôle clé pour éviter une généralisation de l’épidémie à travers la région. Le succès de cette prévention est néanmoins lié à des efforts intensifs pour combattre la stigmatisation et la discrimination, mais aussi pour surmonter une foule d’autres barrières. Parmi elles figurent les tabous religieux et culturels qui empêchent les parents et les éducateurs d’aborder un sujet comme l’utilisation du préservatif. Figurent également la question du manque de ressources pour la prévention, et l’information et l’éducation encore inadéquates à propos de la maladie.

Un rapport réalisé par Save the Children dans 6 pays de la région a révélé que, bien que de nombreux enfants aient accès à l’essentiel de l’information sur le VIH/sida, cette information est souvent inappropriée et inefficace. De plus, beaucoup des enfants les plus vulnérables affirment n’avoir pas accès aux services de prévention.

S’inscrivant dans la campagne lancée le 25 octobre 2005 par les agences des Nations unies, Unissons-nous pour les enfants contre le sida, la consultation régionale sur la région Est asiatique et Pacifique vient à point nommé. Ainsi que le réclament certains des engagements mondiaux pris à la session spéciale des Nations unies sur le VIH/sida en 2001, tous les gouvernements doivent soumettre leurs plans de lutte contre le VIH/sida à l’Assemblée générale des Nations unies en mai. Les trois jours de rassemblement à Hanoï constituent une plate-forme unique pour s’assurer que les enfants ne seront pas absents de ces feuilles de route nationales qui doivent réaliser l’accès de tous à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien d’ici 2010.

La consultation, qui se déroule entre le 22 et le 24 mars, lancera un appel à l’action afin de fixer les responsabilités et le détail des étapes que les gouvernements de la région et leurs partenaires doivent franchir pour faire monter en puissance les services apportés aux enfants.

La consultation de Hanoï est organisée conjointement par la Commission vietnamienne pour la population, la famille et les enfants, Family Health International, Save the Children, l’Onusida, l’Unicef, le Plan d’urgence du président américain pour le sida (PEPFAR) et l’OMS.
 

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