À la frontière avec la Jordanie, les enfants syriens dépérissent, des mères racontent

Publié le 19 juillet 2018 | Modifié le 19 juillet 2018

Buthayna et Yasmine ont dû fuir la guerre en Syrie avec leurs enfants, mais elles sont dans une situation de grande précarité et elles voient leurs enfants en souffrir.

Buthayna est à bout de forces. Cette mère de famille âgée de 27 ans a quitté sa maison à Deraa, au sud-ouest de la Syrie, après qu’une forte vague de violences a éclaté dans la région. Depuis la fin du mois de juin, au moins 46 personnes y sont mortes. Pour se mettre en sécurité, plus de 330 000 personnes, dont la moitié sont des enfants, ont pris la fuite dans l’urgence. C'est le plus important déplacement de population depuis le début de la crise syrienne. Comme beaucoup de familles, celle de Buthayna a pris le chemin de la Jordanie. Mais la frontière est fermée. Or, dans cette zone désertique, tout manque.

Les besoins essentiels des enfants syriens

Depuis trois jours, Buthayna assiste impuissante aux vomissements ininterrompus de son fils Ahmad, 2 ans et demi. Ce dont elle a le plus besoin ? « De l’eau, des toilettes et des couches », indique-t-elle, lasse. Impossible de se reposer ici : « Il y a eu différents incidents, dont un incendie, et on s’inquiète pour notre sécurité. On dort sous des bâches en plastique et mon fils a tellement peur que dès qu’il entend un bruit, il se met les mains sur les oreilles, puis il crie et il pleure. »

La guerre a durablement traumatisé le jeune garçon ainsi que ses frères et sœurs. Aujourd’hui, Buthayna et les siens n’ont plus rien : « À Deraa, il y avait surtout des femmes et des enfants, mais tout a été bombardé et il ne reste plus un seul mur de notre maison. » Sa seule priorité, c’est de s’assurer que ses enfants survivront : « On ne va pas bien du tout, mais nos enfants sont malades à cause de l’eau, donc on n’a pas le temps de se plaindre. »

L’action de l’UNICEF sur le terrain

Yasmine, 29 ans, vient de la même région et rencontre des problèmes similaires. À la frontière depuis deux jours, elle a eu très peur pour sa fille de neuf mois qui a de la fièvre et la diarrhée. « On a peur de toucher le moindre objet car tout est tellement insalubre », déplore Yasmine. Elle a heureusement pu bénéficier de l’aide d’une clinique mobile de l’UNICEF : « Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans cela. La fièvre a déjà baissé. » Et elle tente de rassurer ses enfants : « Je leur dis que c’est juste un mauvais moment à passer, que nous allons le traverser. »

L’UNICEF a été en mesure de distribuer de la nourriture, de l’eau, du savon, des produits sanitaires et médicaux ainsi que du matériel pour les dizaines de milliers de Syriens qui se trouvent à la frontière avec la Jordanie. En prévision de la montée du conflit, des stocks avaient déjà été préparés dans la région pour répondre au mieux aux besoins les plus urgents. Des rations de nourriture avaient également été envoyées de l’autre côté de la frontière avant qu’elle ferme.

Le nord et l’est de la région de Deraa ont été particulièrement touchés. Des frappes aériennes ont été dirigées vers des écoles et des hôpitaux. D’autres établissements ont été obligés de fermer leurs portes. Pour les enfants, l’hygiène et l’accès à l’eau constituent la première des priorités. Sur le terrain, des partenaires de l’UNICEF tentent d’évaluer au plus près leurs besoins ainsi que ceux de leur famille.

Pour améliorer les conditions de vie des enfants syriens, faites un don à l’UNICEF.

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