Les Jeunes Ambassadeurs au Mali

Publié le 29 avril 2008 | Modifié le 31 mars 2016

Six jeunes ambassadeurs de l’Unicef France, Margaux, Sarah, Cyril, Manon, Maria et Quentin ont passé une semaine à Bamako et à Ségou pour visiter les programmes soutenus par l’Unicef. Ils sont rentrés en France lundi.

Maria raconte la rencontre organisée le premier jour avec l’association des enfants et des jeunes travailleurs, qui recueille notamment des mineurs victimes de la traite : « Maryam [l’une des membres de l’association] nous a raconté qu'elle avait perdu ses parents, arrêté l'école mais trouvé finalement un métier qui lui plaît. Nous avons été touchés par la volonté de chacun de s'en sortir, d'évoluer dans la société et aussi d'aller à notre rencontre ».

JA au Mali

Quentin explique le principe de "gouvernement des enfants" instauré à l’école Nelson Mandela de Bamako, visitée le lendemain : « Il s’agit pour les élèves d’élire dans chaque classe des représentants dits "ministres" ou "conseilleurs spéciaux". Ils sont chacun chargés de réfléchir autour d'un domaine les concernant, comme la sécurité, l’hygiène, le chômage ou encore la santé. En occupant ces fonctions, les jeunes sont sensibilisés à la vie citoyenne et peuvent s’exprimer comme ils le souhaitent ».

Le mercredi, les jeunes ambassadeurs ont visité le centre de santé de Sansanding, qui offre tous les services allant de la consultation prénatale à la vaccination et à la santé du jeune enfant. Quentin a observé des « salles médicales, avec un sol en simple terre battue ; ici, les femmes enceintes accèdent à une aide médicale et à l’urgence ».

 

Donner aux enfants de vraies responsabilités

L’accueil était impressionnant à l’école de Markala : « Nous avons été accueillis comme des rois par plus de 1 500 élèves. La particularité de cet établissement est que l’école achète son matériel scolaire avec les profits générés par la vente des produits agricoles, fruits et légumes. En effet, les élèves cultivent toutes ces denrées dans un grand jardin dont ils s’occupent quotidiennement, en marge de leurs cours. Un bel exemple de responsabilités et de prise en compte des réalités économiques ».

Jeudi après-midi, les jeunes ambassadeurs ont discuté avec les membres du Parlement des enfants : « Ils nous ont expliqué leur place dans la société, leurs actions, les problèmes auxquels ils sont confrontés… Nous avons parlé du problème de l’excision, de la mendicité des enfants, leur place par rapport à l’Etat, leur projet pour le Mali ».

Vendredi, l’échange a lieu avec l’équipe d’une structure de prévention du VIH/sida : « Ces jeunes ont entre 12 et 18 ans. Il sont chargés de sensibiliser, d’informer et d’écouter les jeunes qu’ils côtoient au quotidien. Ces jeunes sont la figure d’une société "jeune" qui avance et qui cherche à faire évoluer les mentalités ».

Plaider pour un enseignement digne des enfants

Samedi après-midi a eu lieu la visite très marquante d’une école coranique, représentative de l’enseignement que l’Unicef ne soutient pas. Comme l’écrit Quentin « cette école se présente sous forme d’un campus, où loge près de 700 enfants. Leur journée se déroule de la manière suivante : prière et étude du Coran, mendicité pour manger, et, pour finir, étude du Coran. Les conditions dans lesquelles vivent ces enfants sont catastrophiques. Les eaux usées traversent le campus, ils logent dans 10m² à plus de 30 par dortoir… Bref, autant de conditions de vie inacceptables pour un enfant. Le rôle de l’Unicef dans ce genre de situation est de plaider auprès des gouvernements pour tenter de stopper ce genre de pratiques néfastes pour le développement de l’enfant ».

De retour en France, Maria résume le rôle qui reste à jouer pour les jeunes ambassadeurs : « Travail, plaidoyer, témoignage… convaincre, sensibiliser : tels sont nos responsabilités dès à présent... la mission ne fait que commencer ! »

Soutenir nos actions