Les ODM cinq ans après : relever le défi de la pauvreté

Publié le 21 décembre 2005 | Modifié le 28 décembre 2016

Les objectifs de développement du Millénaire ne seront pas atteints si les tendances actuelles se poursuivent.

Faim et pauvreté augmentent
Malgré l’objectif numéro 1, qui consiste à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim, la situation a empiré. Entre 1990 et 2002, le nombre de personnes sous-alimentées a crû de 34 millions en Afrique subsaharienne et de 15 millions en Asie du Sud. Dans le même temps, la proportion d'enfants sous-alimentés parmi les moins de cinq ans en Asie du Sud, du Sud-Est, et de l'Est est passée de 6% à 9%. Aujourd’hui, 840 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim, dont 180 millions ont moins de 5 ans. Le PAM attire l’attention sur dix zones où la situation est extrêmement grave : le Darfour, la Colombie, la Corée du Nord, l’Afghanistan, le Pérou, le Nicaragua, Cuba, le Bangladesh, la République démocratique du Congo et Haïti. Plus d’un milliard de personnes vivent en outre sous le seuil de pauvreté, c’est à dire qu’elles disposent de moins de 1 dollar par jour pour subsister, et 20 000 meurent par jour de la pauvreté.

Aucun des pays pauvres n'est en passe de respecter l'objectif de réduction de la mortalité infantile. 10,6 millions d’enfants naissent chaque années sans la perspective de fêter leur cinquième anniversaire Selon les données disponibles les plus récentes, le taux de mortalité infantile s'est accru considérablement en Asie du Sud entre 1999 et 2003, passant de 90 à 126 pour 1 000 naissances. Le taux nord-africain a quant à lui nettement augmenté, de 38 à 87 pour 1 000 naissances. « Dans la plupart des pays, la diminution de la mortalité de l'enfant a ralenti parce que les efforts visant à réduire la malnutrition et à assurer une couverture complète avec des interventions contre la diarrhée, la pneumonie, les maladies à prévention vaccinale et le paludisme ont été insuffisants », selon le « rapport sur la santé dans le monde 2005 » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Si les tendances actuelles se poursuivent, l'OMS estime que la baisse du taux de mortalité des moins de cinq ans entre 1990 et 2015 sera d'environ un quart alors qu’une réduction des deux tiers est escomptée. « Même si l'on parvenait à quintupler ce taux de réduction, l'objectif ne pourra pas être atteint en 2015 », estime l’OMS.

Le taux de mortalité des femmes enceintes s'est quant à lui réduit dans les pays qui avaient déjà les taux les plus bas, tandis que certains des pays les plus touchés sont confrontés à une aggravation. L'OMS estime que 504 000 des 528 000 décès enregistrés chaque année dans le monde à la suite de complications de la grossesse et de la naissance surviennent en Afrique et en Asie.

Les inégalités sont plus prononcées qu’il y a dix ans
Le monde est, dans son ensemble, plus riche mais la répartition de cette richesse est de plus en plus inégale dans chaque pays, dans chaque région et sur la planète. Selon le rapport mondial sur le développement humain 2005 du PNUD, les 500 personnes les plus riches du monde ont un revenu combiné plus important que celui des 416 millions les plus pauvres. A côté de ces extrêmes, les 2,5 milliards d’individus vivant avec moins de 2 dollars par jour – 40% de la population mondiale- représentent 5% du revenu mondial.

Les salaires minima baissent alors que les revenus les plus élevés augmentent fortement, constate le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU dans un rapport sur « la situation sociale dans le monde en 2005 : la crise de l’inégalité ». Le rapport met notamment l’accent sur l’écart qui ne cesse de se creuser entre travailleurs qualifiés et non qualifiés ainsi que les disparités croissantes en matière de santé et d’éducation.

La situation est des plus graves en Afrique subsaharienne et dans certaines parties de l’Asie. Les inégalités en matière d’espérance de vie ont également considérablement augmenté. Le VIH/SIDA a aggravé ces disparités. De grandes inégalités existent aussi en matière d’accès à la vaccination, de santé maternelle et infantile, de nutrition et d’éducation. Bien qu’elles aient quelque peu baissé, les inégalités entre hommes et femmes dans l’accès à l’éducation persistent. Cette situation favorise une crise du capital humain et compromet toute réduction durable de la pauvreté.

Malgré des progrès dans certains domaines, les inégalités en matière d’éducation se sont élargies, en particulier à l’intérieur des pays. Les différences en matière de développement humain sont en effet aussi flagrantes à l’intérieur des pays qu’entre les pays. Elles reflètent des chances inégales, comme par exemple celles qui séparent les individus sur la base du sexe, de l’origine ethnique, de la richesse ou de la situation géographique.

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