Les populations du Tchad oriental confrontées aux maladies, à la pauvreté et aux inondations

Publié le 11 septembre 2005 | Modifié le 31 mars 2016

L'afflux de 200 000 réfugiés soudanais au Tchad oriental, dont les deux tiers sont des femmes et des enfants, grève considérablement les ressources déjà faibles du pays et met en lumière les dures conditions de vie de la population locale.

« Le Tchad est un des 10 plus pauvres pays du monde », rappelle Stephen Adkisson, le représentant de l'UNICEF dans ce pays, et l'Est du pays, qui doit faire face à des conditions agricoles difficiles, au manque d'eau salubre, aux pénuries alimentaires et aux inondations, fait partie des régions les plus défavorisées ».

Certains réfugiés sont hébergés dans des camps et beaucoup bénéficient d'un abri fourni par les communautés locales tchadiennes. Avec ses partenaires (OMS, l'ONG INTERSOS, la Croix rouge tchadienne, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés -HCR), l'UNICEF offre une aide humanitaire aux populations vulnérables. Cependant, 37% des fonds demandés ne sont toujours pas couverts.

Lutter contre la malnutrition

24% des enfants réfugiés de moins de cinq ans sont victimes de malnutrition. Les enfants se trouvant près des zones frontalières et qui ne bénéficient même pas de la protection limitée qu'offre un camp de réfugiés, sont les plus durement touchés : près d'un tiers d'entre eux se trouvent dans un état de malnutrition sévère.
Toutefois, même chez les enfants séjournant dans des familles tchadiennes, les taux de malnutrition atteignent 24 %. Les enfants affaiblis par une malnutrition sévère ou modérée sont beaucoup plus vulnérables aux maladies contagieuses. Un bon nombre d'entre eux souffrent de diarrhée, ce qui pourrait les tuer. Dans le cadre de son intervention, l'UNICEF apporte son appui à plusieurs centres nutritionnels thérapeutiques nutritifs et a notamment formé sept nutritionnistes dans le camp de réfugiés de Treguine.

Prévenir la propagation de maladies

L'assistance médicale fournie par l'UNICEF et ses partenaires contribue à la lutter contre la propagation de maladies. Dans les communautés d'accueil, l'UNICEF, l'OMS et le gouvernement tchadien ont mené, du 19 au 21 août derniers, une campagne de vaccination contre la polio qui a bénéficié à près de 200 000 enfants du Tchad oriental.
L'UNICEF a mis à disposition 78 véhicules ainsi que de l'essence pour faciliter le transport des infirmiers et des vaccins dans 6 centres de santé de la région. En outre, face à l'épidémie d'hépatite E qui sévit dans la région, l'UNICEF a envoyé plus de deux tonnes de fournitures. "Le seul véritable moyen de mettre un terme à l'épidémie est de fournir de l'eau potable et une sensibilisation à l'hygiène", estime le Docteur Kuan de l'OMS. Cependant, les quelques points d'eau existants dans les camps ne suffisent pas à répondre aux besoins de l'énorme afflux de réfugiés. En matière de lutte contre le VIH/sida, l'UNICEF a commencé à implanter des centres de conseil et a procédé à la formation d'éducateurs dans les camps de Treguine, Bredjing et Fachana. Les 9-15 et 17-22 août 2005; l'ONG italienne INTERSOS a formé 42 agents au traitement des troubles psychiques post-traumatiques dans les camps de Djabal et de Goz Amir avec le soutien de l'UNICEF.

Reconstruire les écoles endommagées par les intempéries

Les vents et les pluies abondantes ont abîmé les structures de plusieurs écoles semi-permanentes dans les camps d'Iridimi et de Touloum. L'ONG CARE coordonne les réparations des structures et l'UNICEF fournit du matériel scolaire qui sera distribué dans les écoles des camps de réfugiés en octobre prochain, avant le début de la nouvelle année scolaire. Dans les communautés d'accueil, l'UNICEF le HCR et le Programme alimentaire mondial (PAM) vont mettre leurs ressources en commun pour aider certaines écoles des communautés d'accueil près des camps de réfugiés. L'UNICEF a installé des latrines, des points d'eau et a fourni du matériel scolaire. Le HCR va reconstruire ou construire des classes selon les besoins et le PAM va ouvrir des cantines dans les écoles.

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