Les violences domestiques : dans la chaleur du foyer ?

Publié le 02 mars 2006 | Modifié le 28 décembre 2015

La violence au sein de la famille constitue la forme la plus répandue de violence à l'égard des femmes. Elle touche toutes les cultures, toutes les classes sociales, tous les niveaux d'instruction, les revenus et les âges, dans tous les pays.

La violence au sein de la famille constitue la forme la plus répandue de violence à l'égard des femmes. Elle touche toutes les cultures, toutes les classes sociales, tous les niveaux d'instruction, les revenus et les âges, dans tous les pays.

Se produisant dans l’intimité du cercle familial trop souvent considéré comme un lieu privé où la loi trouve mal sa place, ce type de violence fait l’objet d’une tolérance diffuse : il est considéré par beaucoup comme l’un des plus pernicieux dénis des droits de l’Homme puisque pratiqué par ceux en qui les femmes pourraient avoir le plus confiance : leurs proches.

La violence domestique se manifeste par :

Des sévices physiques tels que gifles, coups, torsions du bras, coups de couteau, strangulation, brûlures, suffocation, coups de pied, menaces au moyen d'un objet ou d'une arme et assassinat. Elle comprend aussi les pratiques traditionnelles nuisibles comme les mutilations sexuelles féminines et le legs de l'épouse (la coutume selon laquelle le frère du défunt reçoit en héritage la veuve et ses biens).

Des sévices sexuels tels que des rapports sexuels contraints par la menace, l'intimidation, ou la force physique, des actes sexuels forcés, ou la contrainte à des rapports sexuels avec des tiers.

Des sévices psychologiques qui consistent en un comportement visant à intimider ou à persécuter, sous forme de menaces d'abandon ou de maltraitance, de confinement au foyer, de contrôles, de menace de suppression de la garde des enfants, de la destruction d'objets, de l'isolement, d'agressions verbales, et d'une humiliation constante.

Les sévices économiques comprennent des agissements comme la privation d'argent, le refus de contribution financière, la privation de nourriture et de l'assouvissement des besoins élémentaires, le contrôle de l'accès aux soins médicaux et à l'emploi, etc.

Des actes de négligence sont également considérés comme formes de violence à l'égard des femmes et des filles.

  • En Europe, la violence domestique est, pour les femmes de seize à quarante-quatre ans, la principale cause de mortalité et d’invalidité, devant les accidents de la route et le cancer.
  • Au Royaume Uni, les services d’urgence reçoivent, en moyenne, un appel par minute concernant la violence familiale.

La période de la grossesse n’apporte pas de rémission contre la maltraitance. Les femmes enceintes sont en effet fréquemment battues. Une étude effectuée en Asie a révélé que 20 à 65% des femmes battues l’ont été au moins une fois pendant leur grossesse. Or, les femmes enceintes battues courent deux fois plus de risques de faire une fausse couche et quatre fois plus de risques d’avoir un enfant souffrant d’insuffisance pondérale à la naissance. Un enfant né d’une femme battue risque quarante fois plus qu’un autre enfant de mourir au cours de ses cinq premières années.

L'ACTION DE L'UNICEF

Sur 193 Etats, seuls 44 – dont 12 en Amérique Latine - ont adopté une législation spécifique de lutte contre la violence domestique

La prise de conscience récente du problème de la violence domestique, ses causes et ses conséquences, s’accompagne d’un consensus international sur la nécessité d'affronter la question.

Une étude de l’Unicef, parue en 2000, montre que les progrès ont cependant été lents, car les comportements sont profondément enracinés et, dans une certaine mesure, parce que des stratégies efficaces de lutte contre la violence domestique sont encore en cours d'élaboration.

La violence à l'égard des femmes est manifeste lorsque la législation, les systèmes d'application des lois tolèrent la violence domestique ou ne la considèrent pas même comme un délit. La violence contre les femmes ne relève de la justice pénale que dans trois pays : le Bangladesh, la Suède et les Etats-Unis. Jusqu'ici, sur 193 Etats, seuls 44 – dont 12 en Amérique Latine - ont adopté une législation spécifique de lutte contre la violence domestique. L’Unicef, dans son rapport, demande qu’une série de mesures soient prises, notamment une réforme juridique et la fin de l’impunité pour les coupables.

L’Unicef propose une stratégie qui s’attaque aux causes de la violence tout en offrant des services immédiats pour les victimes :

- l’Unicef demande des approches intégrées et la participation de nombreux secteurs de la société civile, notamment les responsables communautaires et les chefs religieux.

- Il convient parallèlement de renforcer la sécurité des femmes et des filles en leur donnant accès à l’éducation, en les dotant de notions juridiques et en leur proposant des possibilités d’emploi.

  • En Bolivie, l’Unicef a, par exemple, favorisé la création du Plan National pour la prévention et l’éradication de la violence à l’égard des femmes (1994) ainsi que l’adoption de la loi 1674 contre la violence familiale ou domestique (1995).
  • En Albanie, l’organisation a soutenu une grande campagne d’information, de même qu’elle a collaboré avec la télévision nationale jordanienne pour des spots de sensibilisation à la violence à l’égard des femmes.
  • En Afghanistan et dans des pays d’Asie du Sud, l’Unicef a aussi appuyé le développement d’un mouvement actif contre la violence contre les femmes.
  • Au Brésil, l’Unicef a encouragé et développé la mise en place de personnels judiciaires sensibilisés aux problèmes spécifiques des femmes ou la création de postes de police féminins, comme à Sao Paulo par exemple.
     

 

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