Libéria : 50 000 réfugiés ivoiriens à aider d’ici quelques semaines !

Publié le 26 janvier 2011 | Modifié le 19 septembre 2018

Alors que le nombre de réfugiés ivoiriens augmente chaque jour au Libéria depuis le scrutin présidentiel de la fin novembre, l’Unicef Libéria met en œuvre une réponse d’urgence. Il s’agit en priorité d’apporter les soins médicaux nécessaires aux enfants, rendus très vulnérables par la situation, mais aussi de leur permettre d’aller en classe et bien sûr, de fournir les réfugiés en eau potable et en installations sanitaires. Isabel Crowley, représentante de l’Unicef au Libéria, fait le point avec nous sur la situation.

 

 

Comment l’Unicef se mobilise pour venir en aide aux réfugiés ivoiriens au Libéria ?

 

Le bureau de l’Unicef au Libéria a lancé un appel de fonds d’un peu plus de 4 200 000 € pour prendre en charge 50 000 réfugiés [ivoiriens] et 25 000 Libériens, de retour dans leur pays d’origine. Au jour d’aujourd’hui, nous avons reçu 1 500 000 € dont les 200 000 € du Comité français et 1 100 000 € qui proviennent de notre fond d’urgence.

Un programme de secours a bien été mis en place. Nous avons recruté cinq nouveaux membres du personnel afin d’assurer une réponse en matière d'éducation, de protection de l’enfant, de VIH/SIDA et de sensibilisation. Grâce à notre programme régulier, nous avons fourni la base de l’approvisionnement dans un premier temps, et nous continuerons à redéployer des stocks dans la mesure du nécessaire. Ce qui nous préoccupe surtout, c’est que si les réfugiés continuent à arriver en masse, à cette fréquence là, nous allons franchir la barre des 50 000 réfugiés à la mi-février et celle des 100 000 à la fin du mois d’avril !

 

Sur le terrain, commet l’action de l’Unicef s’organise t-elle ?

 

Les réfugiés se sont majoritairement rassemblés dans la province de Nimba [ndlr : région frontalière de la Côte d’Ivoire, au centre du Libéria]. Or, c’est l’une des zones les plus pauvres du pays. Dans plusieurs villages, le nombre de réfugiés a dépassé celui de la population locale ! Mais dans le même temps, ces villages ont accueilli les réfugiés les bras ouverts, en partageant le peu qu’ils avaient.

Les besoins sont énormes. Et notre travail se déploie sur trois secteurs différents à la fois.
Nous apportons une aide d’urgence aux réfugiés qui se sont répartis sur 32 villages situés dans des zones difficiles d’accès, car les routes sont en mauvais état et les ponts sont faits de bâtons et de planches. Par ailleurs, nous sommes entrain de mettre sur pied un camp, dans une zone qui se trouve à 50 km de la frontière. Ce camp pourra accueillir 18 000 réfugiés. Le gouvernement libérien est entrain d’identifier 15 communautés capables d’accueillir des réfugiés. Celles-ci sont situées entre la frontière et le camp pour apporter une aide supplémentaire aux réfugiés. Ces communautés sont légèrement plus nombreuses et mieux approvisionnées que les villages d’accueil actuels.

Le plus gros challenge est de rendre accessible tous ces villages. Il faut agir d’autant plus vite que la saison des pluies va arriver. Si l’on ne fait rien pour améliorer l’état des infrastructures, des communautés entières resteront complètement inaccessibles.

 

Concrètement, que fait l’Unicef pour faire face à la situation ?

 

L’Unicef et les autres acteurs humanitaires ont fait une évaluation rapide des besoins et ont identifié les zones où on pouvait faire une différence significative. En réparant et en améliorant les sources d’eau déjà existantes, l’Unicef fournit chaque jour près de 5500 personnes en eau potable. Par ailleurs, la construction de 96 latrines a permis d’améliorer l’hygiène du quotidien pour 4700 personnes. De plus, nous intervenons dans le secteur de l’eau et de l’assainissement sur deux zones proches de la frontière : Gbehllageh et Zoegeh. C’est là que l’on compte le plus de réfugiés. Grâce aux installations sanitaires et aux kits d’hygiène, nous sommes en mesure de porter assistance à 10 000 personnes sur cette zone. Nous avons également prépositionné un camp équipé en eau potable et en assainissement, capable d’accueillir 10 000 personnes, près du site du camp actuellement en construction.

En matière de santé, de nutrition et d’éducation, nous travaillons avec du matériel préexistant.
Par exemple, la vaccination de routine n’a pas changé. Au mois de décembre, près de 2000 enfants réfugiés ont été vaccinés contre la polio, lors d’une campagne nationale. En parallèle, le dépistage et les traitements pour lutter contre la malnutrition sont toujours en cours. Les enfants réfugiés bénéficient des mêmes soins que les enfants libériens. De plus, les services de prévention de la transmission de la mère à l’enfant (VIH-Sida) sont toujours en cours. Notre travail consiste également à faire en sorte que l’accès à ces soins vitaux soit possible dans tous les camps.

Pour l’éducation, les enfants réfugiés reprennent petit à petit les cours, mais pour l’instant il ne s’agit que d’un petit nombre d’entre eux. C’est pourquoi l’Unicef et ses partenaires travaillent à l’harmonisation des classes, afin que les enfants ivoiriens reprennent l’école au plus vite. Actuellement, un travail est réalisé pour produire et distribuer des manuels scolaires ivoiriens au Libéria. Parmi les réfugiés ivoiriens, nous devons également identifier les enseignants pour que ceux-ci reprennent sous leur aile les écoliers dont la scolarité a été interrompue à cause du contexte actuel.

Pour finir, l'Unicef se concentre sur ces enfants, devenus très vulnérables, pour leur assurer la protection nécessaire. Car, comme les autres enfants, ils doivent apprendre, jouer et interagir avec les autres, dans des environnements sûrs.

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