L'Unicef aux côtés du gouvernement indien contre le travail des enfants

Publié le 12 octobre 2006 | Modifié le 28 décembre 2015

La loi interdit d'employer les moins de 14 ans dans de nouveaux domaines. Mais un accompagnement économique et social est indispensable pour qu'elle soit appliquée.

L'Inde interdit désormais le recrutement des moins de 14 ans comme domestiques et dans l'hôtellerie-restauration.

Depuis le 10 octobre 2006, il est interdit de recruter des enfants de moins de 14 ans comme domestiques et dans l’hôtellerie et la restauration. Ces nouveautés entrent en vigueur dans le cadre de la Loi sur la prohibition (et la régulation) du travail des enfants, existant en Inde depuis 1986. Ce n’est pas une interdiction totale du travail des enfants : beaucoup de discussions sont encore en cours sur la conformité de la législation indienne avec les dispositions internationales (notamment l’article 32 de la Convention des droits de l’enfant).

Selon le gouvernement indien 256 000 enfants seraient concernés par ces nouvelles mesures (185 000 domestiques et plus de 70 000 travaillant dans les restaurants et les hôtels). Mais pour les ONG, le chiffre grimpe à 20 millions (1 million sont supposés travailler dans les secteurs correspondants rien qu’à Delhi). La difficulté d’évaluer leur nombre tient aux cas d’enfants recrutés au sein des ménages : l’employeur s’arrange avec les parents de l’enfant, et l’absence de législation jusqu’à présent a empêché toute étude exhaustive.

La répression, seule, pourrait être plus dangereuse que bénéfique

Selon l’Unicef, les nouvelles mesures représentent un pas important en faveur de la protection des droits des enfants dans le pays. Cette législation est nécessaire mais n’est cependant pas suffisante pour assurer que les enfants grandissent sous la protection de leurs parents, aillent à l’école, soit préservés de la discrimination et des abus. Des mesures pour les identifier, les secourir, les placer sous bonne garde, assurer leur retour sécurisé dans leurs familles doivent venir compléter la nouvelle législation. Le ministère du travail y réfléchit avec les autres ministères et avec la société civile. Une approche purement répressive pourrait être plus dangereuse que bénéfique pour les enfants.

Le gouvernement indien mène une campagne d’information, appuie la mise en application, étend les mesures de réinsertion, coopère avec les ONG, renforce le Projet national sur le travail des enfants (qui consiste à identifier et à retirer les enfants du travail, en accompagnant le processus par des mesures de soins et de scolarisation).

L’Unicef soutient le gouvernement indien sur ce Projet national. L’Unicef appuie les actions de secours et de rapatriement en coopération avec les gouvernements locaux et les ONG. L’Unicef mène également des actions de plaidoyer et de communication, aussi bien au niveau de la société dans son ensemble qu’auprès des communautés affectées ou menacées, dans les grandes villes, avec les Resident welfare associations (RWA), dans les écoles.

Réinsertion et prévention

Une initiative pilote, menée dans la ville de Bangalore depuis 2004, fait figure d’exemple. Conduite par le gouvernement indien en partenariat avec l’Unicef, cette expérience, qui se focalise aussi bien sur la réinsertion que sur la prévention, a été la première du genre dans le pays. Elle doit être répliquée.

L’Unicef garde à l’esprit le profil socio-économique de l’Inde et sait que la lutte contre le travail des enfants passe par des mesures de soutien économique à leurs familles. D’où le rôle crucial joué par les ONG partenaires, bien insérées dans le tissu social, pour apporter une assistance immédiate et renforcer la prise de conscience du problème dans la population.

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