L'Unicef France s'engage au Cambodge pour les enfants touchés par le VIH/sida

Publié le 06 avril 2006 | Modifié le 31 août 2015

À partir de 2002, l'Unicef France a décidé de soutenir plusieurs programmes dédiés aux enfants et aux mères infectés et affectés par le VIH/sida.

« Renforcer les services de Prévention de la transmission Mère/enfant (PTME) du VIH/sida » (2002-2005)

En 2002, l’Unicef France, face au faible développement des services de conseil et de soins prénataux au Cambodge, et face à fort taux de prévalence du VIH/Sida chez les femmes enceintes (2,5% en 2002), a décidé de soutenir, à hauteur de 343 000 €, un programme Unicef de prévention de la transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant (PTME).

En 2002, la transmission du VIH de la mère à l’enfant représentait plus de 30 % des cas de nouvelles infections. En 1996, elle n’en représentait que 5 %. En 2001, inscrite dans le plan national cambodgien de lutte contre le VIH/sida, la PTME devait devenir une priorité. Mais à l’époque, seuls deux centres hospitaliers proposaient des services de PTME.

L’objectif global du programme Unicef « Renforcer les services de PTME du VIH/sida » était d’améliorer l’accès pour les mères aux services de PTME au Cambodge.

Les objectifs spécifiques du projet étaient doubles : d’une part, étendre les services de dépistage volontaire et de conseil socio médical confidentiel sur le VIH/sida, particulièrement chez les femmes enceintes ; d’autre part, améliorer et généraliser la prévention et les soins pour les femmes enceintes bénéficiant de services prénataux.

A la fin 2005, le programme a permis d’atteindre les résultats suivants :

- En terme de Prévention de la transmission mère/enfant :

  • 18 centres proposaient les services de PTME dont 2 à Phnom Penh et 16 disséminés dans huit provinces du Cambodge ; parmi ces sites, 12 étaient totalement soutenus et équipés par l’Unicef ;
  • Grâce au développement, l’amélioration et la multiplication des centres de santé proposant les services de PTME, le nombre de consultations prénatales est passé de 11 875 en 2003 à 19 296 en 2004 ;
  • Parmi les femmes bénéficiant de consultations prénatales, la part des femmes se prêtant à un dépistage du VIH est passé de 25% en 2003 à 48% en 2004.
  • Entre 2002 et 2004, 13 557 mères ont pu bénéficier d’un test de dépistage du VIH. Parmi elles, 97% ont été diagnostiquées séronégatives ;
  • 550 enfants exposés au VIH/sida car nés d’une mère séropositive recevaient un traitement anti-rétroviral en prophylaxie ;
  • Le programme a contribué à la formation sur le VIH/sida de 450 professionnels de santé travaillant dans les centres de santé de la mère, les maternités et les laboratoires d’analyse. Cent cinquante trois conseillers furent formés au conseil relatif au VIH/sida et à la nutrition des jeunes enfants.

- En terme de dépistage volontaire et de conseil socio médical confidentiel sur le VIH/sida :

  • 78 centres de dépistage sont opérationnels au Cambodge dont 17 sont gérés par des ONG ; Parmi les 61 centres publics, 34 sont soutenus et équipés par l’Unicef via le soutien de l’Unicef France ;
  • 82 521 personnes (45 676 femmes et 36 845 hommes) ont eu accès au dépistage du VIH en 2004 ; Parmi elles 15,8% des femmes ont été diagnostiquées séropositives contre 17,37% des hommes [étude réalisée sur 55 sites].

Pour autant, certains défis continuent de se poser. En effet, au Cambodge, les accouchements à la maison constituent toujours une tradition qui limite l’accès des femmes enceintes aux services de PTME. En outre, les services de PTME restent encore trop limités et seuls 5% des consultations prénatales proposent ces services.

« Accroître les soins pour les enfants vivant avec le VIH/sida au Cambodge » (2006-2008)

Début 2006, seuls trois centres au Cambodge proposaient des soins et des traitements ARV pour les enfants. Un seul en 2005.

Sur les 12 000 enfants cambodgiens infectés par le VIH/sida seuls 1 071 (504 filles et 567 garçons) reçoivent des traitements anti-rétroviraux (ARV).

En janvier dernier, l’Unicef France a décidé de soutenir à hauteur de 345 995 €, les efforts de l’Unicef dans le pays en vue de développer les soins pour les enfants vivant avec le VIH/sida.

L’objectif global du programme est d’accélérer l’expansion des services de prévention et de soins pour les enfants risquant une infection au VIH/sida et les enfants déjà infectés par le VIH/sida.

Les objectifs spécifiques du programme visent les enjeux suivants :

  • Etendre les services de PTME à 30 nouveaux centres de santé dans le pays et y offrir des traitements ARV et de prévention des maladies opportunistes ;
  • Etendre l’accès aux traitements ARV à au moins 900 enfants infectés, mais aussi l’accès à des soins nutritionnels spécifiques et de prévention des maladies opportunistes ;
  • Etendre la fourniture de soins et de services communautaires et familiaux pour les enfants affectés et infectés par le VIH/Sida à 50 nouvelles communes dans 13 provinces du pays.

Le programme prévoit la mise en œuvre des activités suivantes :

- En terme de services de PTME :

  • Construire ou réhabiliter au moins 15 salles de consultation dédiées à la PTME et les équiper ;
  • Fournir des équipements et du matériel aux services de soins prénataux et renforcer les activités de conseil et de dépistage chez les femmes enceintes et les enfants de plus de 18 mois nés de mère séropositive ;
  • Former 150 professionnels de santé à la PTME ;
  • Développer, reproduire et distribuer des outils d’information et de communication sur le sida pour au moins 1000 professionnels de santé et 3000 femmes enceintes ;

En terme d’accroissement du nombre d’enfants recevant des traitements ARV :

  • Former 30 professionnels de santé à la gestion des traitements pour enfant ;
  • Développer du matériel éducatif et d’information pour 30 professionnels de santé et 2000 personnes en charge d’enfants infectés ;
  • Former 60 professionnels de santé à la nutrition des enfants infectés par le VIH/sida et au régime nutritionnel des enfants suivant un traitement ARV ;
  • Assurer les coûts d’alimentation supplémentaire pour au moins 300 enfants hospitalisés ;
  • Etablir un système de remboursement des frais de transport relatifs à la consultation mensuelle des enfants infectés par le VIH/sida ;
  • Réhabiliter et équiper au moins 5 centres de santé pédiatrique, pour améliorer l’accueil des enfants.

- En terme de soutien et de soins familiaux et communautaires :

  • Former 300 leaders religieux aux enjeux du VIH/sida ;
  • Soutenir 30 travailleurs sociaux en charge d’entreprendre des visites de suivi et de soutien auprès des enfants vivant avec le VIH/sida ;
  • Soutenir au moins 50 familles affectées par le VIH/sida en leur proposant des activités génératrices de revenu à l’échelle communautaire.

« Soutien aux activités de prévention du VIH/sida chez les jeunes » (2004-2006)

Au delà des questions cruciales de l’accès à des soins et des traitements de qualité, et des services de dépistage de conseil et de soutien socio-économique, la lutte contre le VIH/sida chez les jeunes cambodgiens passe aussi par les efforts de prévention et d’information.

Pour renforcer les jeunes face aux risques du VIH/sida, l’Unicef France a soutenu à hauteur de 257 426 € les activités de prévention initiées par l’Unicef Cambodge.

Les objectifs fondamentaux de ce programme visent à :

  • Réduire l’incidence du VIH/sida chez les jeunes ;
  • Réduire l’impact du VIH/sida dans le secteur éducatif (écoles, collèges) ;
  • Renforcer la réponse du ministère de l’Education et du ministère de la Jeunesse et des Sports contre le VIH/sida ;
  • Améliorer l’accès au dépistage volontaire ;
  • Augmenter l’accès au service de la Hotline Inthanou (service téléphonique de conseil médical sur le VIH/sida)

Entre 2004 et 2005 les activités suivantes ont pu être mises en œuvre grâce au soutien de l’Unicef France :

Une enquête nationale intitulée « Youth Risk Behaviour Survey » a été lancée, développée et publiée grâce à la collaboration de l’Unicef et des ministères de d’Education et de la Jeunesse et des Sports cambodgiens. La recherche a permis de mettre en évidence les facteurs et les comportements qui font courir des risques aux jeunes cambodgiens, en terme de sécurité et de santé. Durant l’étude, 9 388 jeunes entre 11 et 18 ans ont été interrogés dont plus de la moitié étaient hors du système scolaire. Les résultats de l’étude ont été les suivants :

  • Un tiers des jeunes actifs sexuellement n’ont jamais utilisé de préservatif ;
  • 24 % des jeunes ne sont pas correctement au courant des dangers des maladies sexuellement transmissibles ;
  • 53 % des jeunes ont participé à une formation sur le VIH/sida et 90 % d’entre eux savent comment éviter de contracter le virus ;
  • Les jeunes coupés du système d’éducation déclarent en moyenne avoir débuté leur activité sexuelle vers 11 ans ;

Cette étude a largement contribué à spécifier et à redessiner les activités nationales de prévention auprès des jeunes.

Le soutien de l’Unicef France a permis de développer et de distribuer plusieurs outils et équipements d’information, d’éducation et de communication sur le VIH/sida. A titre d’exemple, 1 500 copies du livre « You are special » dédié aux enfants et aux familles affectées ou rendues vulnérables par le VIH/sida ont été produits et distribuées à travers le pays.

Le programme a permis de renforcer les politiques de prévention des Ministères de l’éducation et de la jeunesse et des sports via une assistance technique permanente.

L’aide de l’Unicef France a permis de renforcer et financer les activités de la Hotline nationale et gratuite sur le VIH/sida gérée par l’ONG Inthanou. La Hotline propose des conseils gratuits et anonymes sur le VIH/sida délivrés par des médecins spécialement formés. En 2005, la Hotline a reçu plus de 60 000 appels ;

Enfin, le Programme Unicef France a permis d’organiser et de financer la formation aux questions relatives au VIH/Sida de 370 formateurs et de 2 553 futurs enseignants du primaire et du secondaire. En outre, 300 jeunes ont été formés à l’éducation sur le Sida pour qu’ils entreprennent des activités d’information de jeunes à jeunes et de jeunes à adultes, à l’école et dans les communautés. En 2004, ces activités d’information et d’éducation communautaires avaient touché plus de 1 100 bénéficiaires.

En savoir plus

Situation du sida au Cambodge

Le premier cas de VIH a été relevé en 1991 au Cambodge. Dans le courant des années 1990, le Cambodge est devenu le pays présentant le taux de prévalence du VIH/sida le plus élevé en Asie. L’épidémie de VIH/sida a connu un pic en 1997, avec 3,9% des 15-49 ans infectés par le VIH/sida. Grâce au déploiement et au renforcement des services de santé ainsi qu’à la multiplication des activités d’éducation, de prévention et de dépistage à la fin des années 1990, le nombre de nouvelles personnes infectées par le VIH/sida a lentement décru au Cambodge. Mais en 2005, ce sont encore 1, 9 % de la population qui sont infectés par le VIH/sida, soit près de 123 100 personnes. Parmi elles, les plus vulnérables, les enfants de moins de 15 ans sont plus de 12 000. En outre, le sida a rendu orphelins de père et/ou de mère plus de 50 000 enfants au Cambodge.

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