L'Unicef se mobilise face à la crise tchadienne

Publié le 20 avril 2006 | Modifié le 31 mars 2016

L'Unicef a besoin de près de 2,2 millions d'euros pour aider les populations de N'Djamena et de l'est du Tchad.

La situation au Tchad requiert un soutien immédiat aux familles touchées par l’agitation actuelle. L’Unicef travaille avec les autres agences onusiennes, le CICR et les ONG pour assurer une assistance dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau, de l’assainissement, de l’éducation et de la protection de l’enfance. Les programmes existants sont redirigés vers les opérations d’urgence, alors que le soutien aux réfugiés soudanais continue.

Les actions se focalisent actuellement sur N’Djamena et sur l’est du Tchad – où 65 000 personnes avaient déjà fui leurs foyers le 15 avril.

Dans ce contexte d’urgence, une montée en puissance des activités humanitaires pourrait s’avérer nécessaire. Aussi, l’Unicef et ses partenaires continuent à suivre de près les événements et se préparent à s’adapter aux nouveaux besoins. Le budget réclamé actuellement est de 2 650 000 $ (2 172 131 euros).

N’Djamena

Un mouvement de panique, provoqué par un incident mineur le 22 mars, a conduit des milliers d’habitants à fuir le centre ville, notamment des enseignants et du personnel administratif qui a déserté les écoles. Dans ce contexte de tension et d’anxiété, l’Unicef, depuis le 24 mars, a lancé une campagne de sensibilisation à la responsabilité des soins apportés aux enfants en situation d’urgence : spots radiophoniques, brochures informatives, mais aussi visites dans les écoles (125 000 écoliers ont ainsi pu être sensibilisés, et à travers eux les enseignants et les parents d’élèves).

Depuis le 12 avril, une centaine de personnes a été blessée dans les combats, dont plusieurs enfants touchés par des balles perdues et des tirs d’artillerie. Le gouvernement, MSF et la Croix-Rouge Tchadienne ont apporté une assistance immédiate aux blessés mais ont dû entamer les stocks. L’Unicef et l’OMS ont commandé des fournitures médicales pour remplacer celles qui ont été utilisées et reconstituer les stocks pour les futures urgences. L’Unicef a également fourni des réservoirs d’eau et du savon pour les hôpitaux, ainsi que des biscuits énergétiques aux services médicaux pour les blessés.

Est du Tchad : 65 000 personnes déplacées à la date de 15 avril

L’Unicef travaille en lien avec le gouvernement, le sultan de Goz Beida, le HCR, le PAM, l’OMS, le CICR et plusieurs ONG pour venir en aide aux personnes déplacées. La stratégie globale est d’aider les communautés volontaires qui vivent sur des sites relativement sûrs à assister les nouveaux arrivants. A l’heure actuelle, il n’est pas envisagé d’ouvrir un camp pour les personnes déplacées.

Les communautés ont montré une extraordinaire bonne volonté à accueillir les nouveaux venus. Mais ces communautés ont de maigres ressources et leurs capacités en matière d’eau, de soins de santé et d’éducation ne sont pas extensibles. Il est probable que les communautés, ainsi élargies, manqueront de nourriture dans les prochains mois. Et si les nouveaux arrivants ne retournent pas chez eux avant que les pluies annuelles ne débutent en juin, ils auront besoin d’un accès à la terre, aux outils, aux semences, et resteront au moins jusqu’aux récoltes du dernier trimestre de l’année.

Approvisionnement en eau

Le premier rôle de l’Unicef est d’augmenter rapidement le nombre de communautés locales ayant des moyens d’approvisionnement en eau capables de supporter l’arrivée des nouveaux venus. Sinon, les seules communautés équipées risquent d’être dépassées, et manqueront d’eau.

L’Unicef a identifié des sources abondantes et est déjà en train d’augmenter le pompage et la capacité de stockage. Des jerrycans pour transporter l’eau sont également fournis.

Assainissement

Les nouveaux arrivants se sont établis rapidement en construisant leurs logements avec des roseaux et des herbages, qui conviendront jusqu’à la saison des pluies en juin. Mais tout comme les communautés en place ils ont un très faible taux d’utilisation de latrines, ce qui peut poser de graves problèmes de santé lorsque la densité de population s’accroît.

L’Unicef soutient la mise en place de latrines individuelles et collectives, comme c’est le cas dans les camps de réfugiés soudanais. Le savon est distribué à toutes les familles et une éducation à l’hygiène est en cours.

Santé et nutrition

Les femmes et les enfants des communautés tout comme ceux des populations nouvellement arrivées sont déjà relativement bien couverts en terme de vaccination contre la rougeole. MSF assure la vaccination pour les autres nouveaux arrivants avec du matériel fourni par l’Unicef.

L’Unicef continuera à soutenir la vaccination et, dans toutes les régions, fournira également de la vitamine A et du vermifuge – deux démarches simples et peu coûteuses qui renforcent la résistance des enfants face à la malnutrition et la maladie. L’Unicef va étendre les capacités du centre de nutrition thérapeutique (mis en place avec le soutien de l’Unicef), ainsi que celles des centres de santé afin de faire face aux besoins des communautés et des nouveaux arrivants. L’Unicef, en coopération avec le PAM et les ONG partenaires, assure le suivi du statut nutritionnel dans la région et a un stock de biscuits énergétiques qui sera distribué en cas de besoin.

Si les fonds sont suffisants, des moustiquaires imprégnées seront distribuées aux communautés et aux nouveaux arrivants, afin de réduire l’incidence du paludisme – qui est la première cause de mortalité des enfants de moins de 5 ans au Tchad.

Veille épidémique
L’Unicef se prépare au contrôle et au traitement de toute apparition de méningite, d’hépatite et de choléra – trois maladies qui sont souvent favorisées par la concentration humaine. En coordination avec MSF, des médicaments et du matériel de vaccination sont préparés et des vaccins contre la méningite ont été commandés.

Education

Des écoles temporaires seront installées. Des distributions de kits « école en boîte » seront effectuées.

Protection

En coordination avec ses partenaires, qui enregistrent les déplacés, l’Unicef identifie les enfants non accompagnés, séparés ou orphelins et appuiera le CICR dans ses efforts pour retrouver les familles. Des espaces pour les enfants seront établis (en lien avec les activités d’éducation) : ils seront ouverts à tous les enfants des communautés en place et des nouveaux arrivants. Des services psychosociaux seront disponibles pour les enfants qui ont été gravement affectés par les événements ayant conduit à leur déplacement.

En chiffres

Le plan d’urgence de l’Unicef, en dollars.

N’Djamena
Protection de l’enfance : 15 000
Santé et nutrition : 35 000

Est du Tchad
Eau et assainissement : 870 000
Santé et nutrition : 570 000
Education : 1 050 000
Protection de l’enfance : 110 000

Total : 2 650 000 $
(soit 2 172 131 euros).

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