Maître Liliane Paquette témoigne de sa mission au Maroc avec l’UNICEF

Publié le 13 décembre 2012 | Modifié le 28 décembre 2015

Maître Liliane Paquette a été tirée au sort pour aller à la rencontre des enfants marocains pendant deux jours et demi avec l’UNICEF.

Qu’est-ce qui vous a destiné au métier de notaire ?

En cours de droit, j’ai été emballée par la présentation du métier par un notaire. Aussi, j’étais conduite à l’école par un fils de notaire qui un jour m’a proposé de faire un stage d’essai dans l’étude de son père pour confirmer mon choix, cela a été concluant !

 

La profession notariale est un vecteur de soutien à la générosité des particuliers dans le cadre de transmission de patrimoine. Trouvez-vous la démarche de sensibilisation de l’UNICEF France utile à votre fonction de conseiller ?

Tout à fait. C’est une démarche très intéressante car lorsque des clients hésitent ou demandent si c’est bien de léguer à des associations, cela peut nous aider à leur faire comprendre à quoi sert leur legs ou leur don. Je n’ai jamais eu de succession avec des associations mais cela est utile tout de même.

 

À Montpellier, vous avez été tirée au sort pour une courte mission UNICEF. Comment avez-vous réagi ?

Ça a été une sacrée surprise ! Je ne suis jamais allée au Maroc, et je connaissais l’UNICEF de nom, bien entendu, mais je ne connaissais pas son champ d’action réellement. Je n’ai pas hésité.

 

Pendant deux jours et demi, vous avez été à la rencontre des femmes et enfants marocains, dans la région de Marrakech. Quelle image gardez-vous de ces moments ?

L’association WIDAD dédiée à la prise en charge des femmes violentées visitée le premier jour m’a beaucoup marquée. Cette présidente bénévole m’a émue et impressionnée. Un exemple de militantisme. La situation décrite des mères célibataires est très difficile à accepter.

 

Je retiens aussi le sort réservé à ces femmes et ces enfants ; je ne comprends pas qu’il faille encore choisir entre l’école et le travail dans cette région. Je m’imaginais que les traditions avaient évolué.

 

Quel parallèle faites-vous avec votre situation en tant que femme ?

Finalement, je me suis reconnue à une époque en France pas si lointaine. Moi, j’ai entendu mon grand-père dire à mon père « je ne sais pourquoi tu paies des études à ta fille, alors qu’elle passera son temps à gratter des casseroles ». Et c’était en 1969 !

 

En tant que femme, et comme n’importe quelle femme l’aurait été je pense, j’ai été très touchée par la faible présence des jeunes filles à l’école. L’éducation est l’avenir du développement de chaque individu, et ces jeunes filles ont le pouvoir de faire changer leur société.

 

L’éloignement de la population et des infrastructures scolaires est l’une des causes d’abandon des enfants à l’école…

J’ai été sensible à cela. J’ai eu la chance d’habiter dans une grande ville à Montpellier. Mais si j’avais dû me payer un appartement pour faire mes études et vivre seule, je n’aurais pas continué l’école, mes parents ne m’auraient pas laissés partir de la maison.

 

L’isolement des familles et les moyens d’accès à l’école sont inévitablement des facteurs d’abandon. La présence de ces deux mamans, lors de notre visite d’une école en milieu rural, qui accompagnent leurs enfants et parcourent plus 5 km à pieds pour les amener à l’école en toute sécurité, car le chemin est dangereux, c’est inimaginable !

 

L’UNICEF joue un rôle d’«ensemblier» entre le gouvernement marocain et les ONG locales. Avez-perçu l’intérêt de soutenir les actions de l’UNICEF ?

Oui même si j’ai pu comprendre que ce pays avait de l’argent, la présence de l’UNICEF est importante pour la mise en relation des différents intervenants. Mais aussi pour s’assurer que les politiques de développement local et d’éducation pour la jeunesse soient maintenues. La capacité de mise en œuvre de formation des professeurs, l’apport de fournitures scolaires, l’appui à la construction de centres obstétriques sont aussi des actions menées grâce à l’expertise de l’UNICEF. Cela nous a paru très important.

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