Mali : La violence envers les enfants augmente

Publié le 06 juillet 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Bamako/Genève, 6 juillet 2012 : L’Unicef a fait part de ses inquiétudes concernant la situation au nord du Mali, où des enfants ont été blessés, certains tués par des engins explosifs et d’autres enrôlés dans des groupes armés. A cela s’ajoute également des cas de viols et d’abus sexuels.

     

 

Des preuves rassemblées depuis la fin du mois de mars montrent qu’au moins 175 garçons (âgés de 12 à 18 ans) ont été enrôlés par des groupes armés, qu’au moins 8 filles ont été violées ou abusées sexuellement, que deux garçons âgés de 14 et 15 ans ont été tués dans des incidents séparés causés par la présence de mines terrestres et de munitions non explosées et que 18 enfants ont été mutilés.

La fermeture de la grande majorité des écoles dans la région est également préoccupante car elle menace l’éducation de base de plus de 300 000 enfants. Les enfants n’allant plus à l’école sont ainsi exposés au recrutement de force, à la violence et l’exploitation.

« Ces chiffres sont particulièrement alarmants parce qu’ils ne nous donnent qu’un aperçu partiel de la situation des enfants dans le nord – une région difficile d’accès pour les humanitaires », a expliqué Theophane Nikyema, le représentant de l’Unicef au Mali.

 

Protéger les enfants témoins et victimes du conflit

" Les enfants du nord sont témoins de violence et en deviennent aussi les victimes. De ce fait, il doivent être protégés".

Les tensions dans le nord du Mali s’accompagnent d’une crise nutritionnelle grave touchant la région du Sahel. Aujourd’hui, le pic de la période de soudure est atteint. Quelques 560 000 enfants de moins de 5 ans risquent de souffrir de malnutrition aigüe sévère cette année au Mali. Parmi eux, 175 000 et 220 000 ont besoin de traitements d’urgence. 

La grande majorité des enfants malnutris vit dans la région sud du pays, mais les conditions dans le nord ont sensiblement réduit l’accès des familles à la nourriture, à l’eau et aux soins de santé de base. Plus de 330 000 personnes, 1/5  étant des enfants, ont fui leurs domiciles, avec 150 000 déplacés à l’intérieur du Mali, et plus de 180 000 cherchant refuge dans les pays voisins.

L’Unicef travaille avec les partenaires locaux dans les régions affectées par le conflit, Kidal, Gao et Tombouctou mais aussi la région frontalière de Mopti pour renforcer la capacité des communautés à protéger les enfants , identifier et soutenir les enfants séparés de leur famille, sensibiliser les populations sur les risques qu’ils encourent, tel que le recrutement dans des groupes armés, et promouvoir l’éducation.

 

Assurer l'acheminement du matériel d'urgence

Notre organisation a approvisionné ses partenaires locaux en matériel médical d’urgence, en eau, en nourriture, en installations sanitaires de base et fournitures pour les ménages. Grâce au contact qu’elle entretient avec ses partenaires, notre organisation parvient aussi à acheminer des vaccins pour les enfants vivant dans ces zones. Elle leur fournit également des suppléments nutritionnels et des médicaments vermifuges, dans les endroits où cela est rendu possible. 

A travers le pays, plus de 70 000 enfants atteints de malnutrition aigüe sévère ont été traités depuis le début de l’année, et la semaine passée, l’Unicef et ses partenaires ont soutenu les autorités de santé nationales en vaccinant près de 6 millions d’enfants contre la polio, et en distribuant des suppléments de vitamine A et des médicaments vermifuges.

Les financements manquent encore à l’heure actuelle. A ce jour seulement 21% (soit près de 10 millions d’euros) sur les 47 millions d’euros demandés par l’Unicef Mali ont été reçus. Et en matière de protection de l’enfant, seulement 10% de l’objectif ont été atteints.

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