Malnutrition : « 3 millions de décès d’enfants par an »

Publié le 07 juin 2013 | Modifié le 28 décembre 2015

Il faut passer à la vitesse supérieure. C’est le constat que fait l’UNICEF, pour qui la nouvelle recherche publiée dans la revue scientifique The Lancet, sur la nutrition maternelle et infantile, confirme qu’un leadership déterminé et un engagement constant aux niveaux national et global sont nécessaires pour gagner le combat contre la sous-nutrition.

« La bataille contre la sous-nutrition est en train d’être gagnée, mais les progrès sont encore trop lents, a déclaré Werner Schultink, le chef Nutrition de l’UNICEF. Nous devons maintenant passer à la vitesse supérieure pour éviter que plus d’enfants ne rejoignent les 165 millions d’enfants souffrant de malnutrition chronique et pour sauver les millions d’autres atteints de la forme aiguë de la maladie.»
 
Le dossier du Lancet identifie de nouvelles causes de décès liées à la malnutrition, qui font grimper le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans dus à la malnutrition à 3,1 millions de décès annuels soit 45 % de la mortalité globale dans cette tranche d’âge. C’est bien plus que les dernières estimations du journal datant de 2008. L’étude fait apparaitre que les enfants nés trop petits pour leur âge gestationnel – plus d’un quart des naissances dans les pays à revenus faibles et intermédiaires – ont un risque de décès plus important.
 
 « Notre message est clair – il est temps pour nous tous de faire preuve de détermination et d’un engagement constant pour les millions de mères et d’enfants qui sont toujours victimes de malnutrition » a ajouté Werner Schultink.
 

A la veille du G8

 
Cette nouvelle analyse est publiée à la veille d’un sommet à Londres organisé en amont du G8 par les gouvernements du Brésil, du Royaume-Uni et le CIFF (Children’s Investment Fund Foundation) destiné à enrayer la malnutrition et réduire de 20 millions le nombre d’enfants souffrant de malnutrition chronique dans les 20 pays les plus touchés par ce fléau d’ici 2020, grâce à de nouveaux engagements des gouvernements, du secteur privé et des organisations internationales.
 
« C’est le genre d’engagement partagé que nous pouvons voir dans le mouvement SUN (Scaling Up Nutrition) où 40 pays ont déjà pris des mesures tangibles pour augmenter et mieux cibler les investissements et améliorer les politiques et les programmes liés à la nutrition. »
 
Le rapport de l’UNICEF Améliorer la nutrition de l’enfant : un objectif impératif et réalisable pour le progrès mondial, publié en avril dernier, montrait comment la malnutrition peut être réduite grâce à des interventions ayant fait leurs preuves, concentrées sur la période-clé des 1000 premiers jours de l’enfant, entre sa conception et son deuxième anniversaire : promotion de l’allaitement maternel exclusif, réduction des carences en micronutriments et amélioration de la nutrition maternelle avant et pendant la grossesse.
 

1 dollar investi, 30 dollars gagnés

 
Selon The Lancet, la sous-nutrition réduit le développement économique d’une nation d’au moins 8% en raison des pertes de productivité directe, ainsi que des pertes dues aux conséquences de la malnutrition sur les capacités cognitives et la réussite scolaire. D’autres experts ont montré que l’investissement d’un dollar dans la réduction de la malnutrition chronique peut en rapporter 30 à travers les gains qu’il permet en matière de santé et d’éducation.

Tout comme les dirigeants réunis à Londres, les groupes de la société civile comme la coalition Enough Food for Everyone IF – rassemblant plus de 200 organisations mobilisées autour du G8 sur la problématique de la faim – jouent un rôle essentiel dans la montée en puissance de la mobilisation internationale autour de la malnutrition infantile.

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