« Même si ça ne fait pas la une des journaux… »

Publié le 04 mai 2010 | Modifié le 31 mars 2016

En République Démocratique du Congo (RDC), les populations continuent de souffrir. A l’est, des enfants sont toujours recrutés par des forces armés. Et les violences sexuelles sont encore répandues. Le point avec Alessandra Dentice, chargée de la protection de l’enfance à l’Unicef RDC.

Les populations continuent de se déplacer, à l’est de la RDC. Comment protéger les enfants lors de ces mouvements massifs, dans cette agitation ?

Lorsque les populations fuient les violences, certains enfants se retrouvent perdus, abandonnés volontairement ou involontairement. Avant même que les déplacés ne s’installent dans une zone, nous devons déjà identifier ces enfants isolés. Nous travaillons pour cela avec des Organisations Non Gouvernementales (ONG) locales ou internationales. Nous mettons en place un système pour retrouver la famille proche ou éloignée de ces enfants. Lorsque la famille n’est pas retrouvée, surtout si elle s’est déplacée à plusieurs reprises, la prise en charge de l’enfant est plus longue. En attendant qu’il soit ramené à sa vraie famille, soit on le met à l’abri dans une institution dans laquelle il reçoit des soins, une aide psycho-sociale. Soit - et nous privilégions généralement cette solution - il est placé dans une famille d’accueil.

 

 

Et dans les camps de déplacés ?

Dans les camps de déplacés, nous essayons de créer un environnement protecteur pour les enfants. Avec de l’aide psycho-sociale, des soins, un accès à l’éducation… Il faut que l’enfant puisse se sentir enfant ! Dans les espaces amis des enfants, il y a des jouets, du matériel didactique…  Des travailleurs humanitaires qui s’occupent des enfants.

 

 

Comment aidez-vous les femmes victimes de violences sexuelles ?

Les violences sexuelles restent très répandues dans l’est de la RDC. Notre objectif : éviter la stigmatisation. En effet, si les femmes victimes de violences sexuelles sont soignées à l’intérieur des camps, elles risquent d’être montrées du doigt. Nous les accompagnons donc vers des structures qui existent en dehors de ces camps, des structures que nous soutenons.

 

 

Y a-t-il toujours des enfants soldats mobilisés dans l’est du pays ?

Oui ! Nous continuons à en prendre en charge régulièrement, lorsqu’ils sont libérés. Même si cela ne fait pas la une des journaux, les hostilités continuent à l’est de la RDC. Des enfants continuent d’être recrutés et re-recrutés par les forces et les groupes armés, de tous les côtés.

Média

Découvrez ici un webdocumentaire sur la situation des déplacés à l'est de la RDC

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