Mortalité infantile : d'énormes progrès, mais beaucoup reste à faire

Publié le 13 septembre 2013 | Modifié le 31 décembre 2015

Le nouveau rapport de l’UNICEF sur la mortalité infantile met en lumière une situation alarmante : si beaucoup de progrès ont été réalisés ces dernières années, la réduction des deux tiers du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans risque de ne pas être atteinte pour 2015. Un constat aux conséquences gravissimes.

Le constat est alarmant. Selon le nouveau rapport de l’UNICEF, la réduction de deux tiers du taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans ne sera pas atteinte en 2015. C’est pourtant l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement, adoptés en 2000 à New York (par 193 États membres de l'ONU. Si les tendances persistent, celui-ci ne sera atteint qu’en 2028, soit treize ans trop tard.
 

 

La vie de dizaines de millions d’enfants en jeu

 
Et ce délai a un coût, dramatique. Si la communauté internationale n’intervient pas dès à présent pour accélérer les avancées dans le domaine, jusqu'à 35 millions d'enfants supplémentaires pourraient mourir de causes pour la plupart évitables entre 2015 et 2028.
 
Dans le monde, la pneumonie, la diarrhée et le paludisme demeurent les causes principales de mortalité des enfants. Environ 6 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour des suites de ces affections. La sous-nutrition intervient dans près de la moitié de ces décès.
 

 

Des avancées encourageantes

 
Pourtant, des progrès considérables ont été accomplis ces dernières années. Le nombre de décès annuels d’enfants de moins de cinq ans dans le monde a chuté, passant de 12,6 millions en 1990 selon les estimations à environ 6,6 millions en 2012. Ce sont près de 90 millions d'enfants qui ont ainsi pu être sauvés ces 22 dernières années.
 
« Certes, nous devrions nous réjouir de ces progrès, a déclaré Anthony Lake, Directeur général de l'UNICEF. Mais comment nous réjouir alors que tant de travail reste à faire pour atteindre notre objectif ? Nous pouvons accélérer les progrès et nous savons comment nous y prendre pour y parvenir, mais nous devons agir de toute urgence, car l’échéance arrive à grands pas. »
 
Selon le rapport, l'ensemble des régions du monde affiche une forte baisse du nombre d'enfants décédés de causes évitables, y compris dans les pays à faible revenu. Certains pays parmi les plus pauvres du globe ont d'ailleurs obtenu les meilleurs résultats en termes de réduction de la mortalité de l’enfant depuis 1990, comme le Bangladesh, l'Éthiopie, le Libéria, ou le Malawi qui ont déjà réduit leur taux de mortalité de l’enfant de deux tiers ou plus depuis 1990.
 

Surtout, ne pas attendre

 
Il nous faut agir immédiatement pour inverser ces tendances dramatiques, et intervenir sur plusieurs axes comme le soulignent les Objectifs du Millénaire pour le développement : réduire la pauvreté et la mortalité maternelle, renforcer l'éducation et l'égalité des sexes, et promouvoir la préservation de l'environnement.
 
« Nous pouvons et devons progresser, a déclaré M. Lake. Si nous nous appuyons sur une action concertée, des stratégies avisées, des ressources appropriées et une ferme volonté politique afin de permettre la survie de l'enfant et de sa mère, nous pourrons réussir à faire baisser la mortalité de l’enfant de façon spectaculaire. C’est là également un impératif moral. »