Morte de la rougeole

Publié le 17 juin 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Abdi, père de famille somalien, a déjà perdu une fille de la rougeole. Aujourd’hui, il amène une autre de ses filles aux Journées de la santé de l'enfant.

Abdi Ibrahim est venu de bonne heure avec sa fille de 16 mois, Sahra. Pour qu’elle soit vaccinée contre les maladies évitables. Dans le village de Hayaayabo, situé dans une région vallonnée en périphérie de Boroma et près de la frontière avec l'Éthiopie, il n'existe pas d'établissements de soins primaires. Les Journées pour la santé de l'enfant, soutenues par l'Unicef et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), permettent aux enfants et aux femmes de ces régions somaliennes mal desservies de bénéficier d’interventions gratuites.

Abdi a connu cette initiative grâce aux voitures publicitaires qui circulaient avec des bannières et des mégaphones. «J'étais tellement heureux d'apprendre que l'équipe allait venir dans notre village. Je les attendais et j'ai été l'un des premiers à me rendre sur le site

Sa détermination à assurer à Sahra une bonne santé est le résultat d'une expérience tragique. Il y a six mois, son autre fille, Nagat, est décédée de la rougeole à l’âge de 2 ans.

 

Décédée en 8 jours...

 

« Je n'avais pas fait vacciner Nagat parce que la clinique était loin, et aucune équipe comme celle-ci ne venait au village, explique Abdi, qui se sent toujours responsable de ce décès. Ma fille est tombée malade alors que je voyageais. Quand je suis rentré à la maison, elle était déjà malade depuis trois jours. Elle avait de la fièvre et ne mangeait plus, même ses aliments préférés. J'ai essayé de lui faire boire du lait mais elle vomissait tout. » Nagat est décédée après huit jours de maladie.

La campagne des Journées de la santé de l'enfant permet de vacciner les enfants contre la rougeole. Mais également de les protéger de la polio, de la diphtérie, de la coqueluche et du tétanos. L'état nutritionnel de chaque enfant est également examiné. Suppléments de vitamine A, des sels de réhydratation orale et comprimés purificateurs d'eau sont distribués. Les femmes en âge de procréer sont vaccinées contre le tétanos néonatal.

 

2 dollars pour 7 personnes

 

Abdi et sa famille ont dû fuir la capitale, Mogadiscio, à cause de la guerre. A six – bientôt sept -  ils survivent essentiellement grâce à son revenu quotidien, d'environ 2 dollars, qu'il gagne en travaillant dans un salon de coiffure pour hommes. « Nous faisons un vrai repas par jour, en général du riz ou du maïs, mais je n'ai pas les moyens d'acheter du lait ou de la viande pour mes enfants » raconte le père de famille. Cela fait des mois qu'il essaie d'économiser de l'argent pour acheter une bâche en plastique qui protègerait leur abri de la pluie, mais pour l'instant il n'en a pas les moyens.

Grâce à ces Journées de la santé, Abdi souligne qu'il n'est plus obligé de prendre de risques avec la santé de ses enfants. « Désormais je me rends compte de l'importance de la vaccination et ne commettrai pas une seconde fois la même erreur. A partir de maintenant, je veillerai systématiquement à ce que mes enfants soient vaccinés.»

En savoir plus

1,6 million d’enfants

Les Journées de la santé de l’enfant visent plus de 1,6 million d'enfants de moins de 5 ans et 1,8 million de femmes en âge de procréer en Somalie. Elle est réitérée tous les six mois afin de garantir un impact positif maximal sur la survie de l'enfant. Cette initiative est soutenue par des dons des partenaires de l'Unicef et de l'OMS, l'Agence suédoise de coopération internationale au développement, le Département du Royaume-Uni pour le développement international, l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination ainsi que les Gouvernements du Japon, du Danemark et de la Norvège.
 

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