Mourir d’être maman

Publié le 11 août 2009 | Modifié le 31 août 2015

Au Cambodge, 5 femmes meurent chaque jour des suites d’une grossesse. La santé maternelle est l’une des priorités de l’Unicef Cambodge. Le point avec Marc Vergara, chargé de la communication à Phnom Penh.

Quel est l’état des lieux de la mortalité maternelle aujourd’hui au Cambodge ? Des progrès ont été réalisés dans les domaines de la santé infantile et des nouveau-nés, mais pas ou peu dans celui de la santé maternelle. Le taux de mortalité maternelle est le plus élevé de toute l’Asie du Sud-est. Chaque jour, 5 femmes meurent des suites de leur grossesse, c’est-à-dire avant, pendant ou après l’accouchement.
Pourquoi la mortalité maternelle n’a-t-elle pas diminué au Cambodge ces dernières années comme dans de nombreux pays en développement? Différentes causes contribuent à ce taux élevé de mortalité maternelle. Il y a évidemment les problèmes d’hygiène, d’accès aux soins essentiels, de transport. Certaines femmes sont trop loin des centres médicaux, mettent trop de temps pour s’y rendre et cela met leur vie en danger. Mais l’une des causes principales de cette mortalité maternelle réside dans le manque de personnel médical qualifié. A l’époque des Khmers rouges, le Cambodge a perdu une très grande partie de ces agents. Du coup, les informations n'ont pas été bien transmises d’une génération à une autre. Dans les années 1980 – 1990, les soignants n’étaient donc pas assez formés. Cela a des répercussions sur la prise en charge des femmes enceintes ou qui viennent de mettre au monde un enfant. Ce manque de personnel qualifié se ressent surtout dans les zones rurales. Beaucoup de naissances interviennent encore à la maison, avec l’aide « d’assistantes d’accouchement », qui ne sont pas de véritables soignantes qualifiées. C’est une tradition difficile à faire évoluer.
Former des sages-femmes qualifiées
Quelles actions mène l’Unicef pour lutter contre ce taux élevé de mortalité maternelle ? La formation d’un personnel qualifié est la condition sine qua non pour améliorer la situation dans ce domaine. Nous travaillons donc avec des organisations non gouvernementales (ONG) pour apporter les compétences nécessaires aux soignants. Le Cambodge ne dispose pas pour l’instant de suffisamment de sages-femmes qualifiées pour accoucher l’ensemble des femmes enceintes. Nous informons aussi les futures mères de l’importance d’être suivies pendant leurs grossesses. Nous avons par exemple lancé une campagne pour les femmes qui sont au tout début de leur grossesse. Elles sont invitées à venir visiter un centre de santé. Les résultats de cette opération sont très encourageants, de nombreuses femmes sont venues consulter un médecin grâce à cette campagne d’information.

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