Myanmar : 35 enfants tués par les forces de sécurité en moins de deux mois

Publié le 29 mars 2021

Les violences brutales perpétrées par les forces de sécurité au Myanmar font des dizaines de morts, dont plusieurs enfants. 35 enfants tués par les forces de sécurité en moins de deux mois.
Déclaration de la directrice générale d'UNICEF, Henrietta Fore

New York, le 28 mars 2021 – « Un garçon de 11 ans, une fille de 11 ans, deux garçons de 13 ans, une fille de 13 ans, trois garçons de 16 ans et deux garçons de 17 ans, tous tués par balles. Une petite fille d'un an gravement blessée après avoir été touchée à l'œil par une balle en caoutchouc. Il s'agit des dernières victimes parmi les enfants au cours de la journée la plus sanglante au Myanmar depuis la prise du pouvoir par les militaires le 1er a rubber bullet.février.

En moins de deux mois, au moins 35 a rubber bullet.enfants auraient été tués, d'innombrables autres gravement blessés et près de 1 000 enfants et jeunes gens auraient été détenus arbitrairement par les forces de sécurité dans tout le pays. Des millions d'enfants et de jeunes ont été directement ou indirectement exposés à des scènes de violence traumatisantes, menaçant leur santé mentale et leur bien-être émotionnel.

Je suis horrifiée par les meurtres aveugles, y compris d'enfants, qui ont lieu au Myanmar et par l'incapacité des forces de sécurité à faire preuve de retenue et à assurer la sécurité des enfants. Comme le Secrétaire général vient de le dire, les responsables de ces actions, qui constituent sans aucun doute des violations flagrantes des droits de l'enfant, doivent être tenus pour responsables.

Des conséquences catastrophiques

Outre les impacts immédiats de la violence, les conséquences à plus long terme de la crise pour les enfants du pays pourraient être catastrophiques.

Dès lors, la fourniture de services essentiels aux enfants a été interrompue : près d'un million d'enfants n'ont pas accès aux principaux vaccins ; près de 5 millions d'enfants n'ont pas accès à la supplémentation en vitamine A ; près de 12 millions d'enfants risquent de perdre une année supplémentaire d'apprentissage ; plus de 40 000 enfants n'ont pas de traitement pour la malnutrition aiguë sévère ; près de 280 000 mères et enfants vulnérables n'auront plus accès aux transferts d'argent qui sont leur planche de salut et plus d'un quart de million d'enfants n'auront plus accès aux services de base en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène.

Cette perte d'accès à des services essentiels, combinée à une récession de l'économie qui plongera de nombreux autres enfants dans la pauvreté, met en péril une génération entière d'enfants et de jeunes. Ils risquent déjà de subir de profondes répercussions physiques, psychologiques, émotionnelles, éducatives et économiques, ce qui pourrait les priver d'un avenir sain et prospère.

Une génération d'enfants en péril

Les forces de sécurité doivent immédiatement s'abstenir de perpétrer des violations des droits de l'enfant et assurer la sécurité et la sûreté des enfants à tout moment. Les forces de sécurité doivent cesser d'occuper les établissements scolaires. Elles doivent également protéger tous les travailleurs essentiels - notamment les agents de santé et les enseignants - qui fournissent des services vitaux aux enfants et aux familles.

L'engagement d'UNICEF en faveur des enfants du Myanmar reste inébranlable. Après 70 ans de présence dans le pays, atteindre tous les enfants, y compris les Rohingyas et ceux d'autres groupes minoritaires, avec des services vitaux en période de conflit et de crise reste une priorité absolue. 

Nous ne devons pas laisser tomber les enfants du Myanmar en ce moment critique, où leur vie, leur bien-être et leur avenir sont en jeu. Nous nous tiendrons toujours résolument à leurs côtés. »