Niger : la communauté internationale reste sourde à l'appel d'urgence

Publié le 26 juillet 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Alors que l'appel des Nations unies pour les victimes du tsunami a été financé à 100%, les besoins pour le reste du monde sont financés à 25% seulement à la mi-2005.

 
« À ce jour, la communauté internationale est restée sourde à l'appel d'urgence lancé, il y a deux semaines, en faveur du Niger », indique le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires des Nations unies.

Face à la crise alimentaire qui frappe le pays, les Nations unies avaient demandé la somme de 16,5 millions de dollars pour venir en aide, pendant quatre mois, à quelque 3,6 millions de personnes dont 150 000 enfants souffrant de malnutrition, après les ravages causés par les invasions de sauterelles et la sécheresse.

La contribution de l’UNICEF à cet appel est de 1,4 million de dollars, qui seront employés à apporter une assistance médicale à 30 000 enfants souffrant de malnutrition sévère, ainsi qu’à fournir des céréales aux banques céréalières mises en place pour permettre un approvisionnement en céréales en situation de pénurie. A ce jour, la communauté internationale n’a pas donné un seul dollar.

« Les enfants meurent. La malnutrition n’est pas la seule raison, mais y contribue fortement. Ces enfants ont contracté le paludisme et d’autres maladies, et la malnutrition vient s’ajouter à ces maux. Dans les centres de nutrition thérapeutiques nous voyons deux ou trois enfants mourir chaque semaine », indique Karim Adjibade, représentant de l’UNICEF au Niger.

La crise alimentaire résulte de l'invasion de sauterelles de 2004 qui a été la plus dévastatrice que le pays ait connue en 15 ans, combinée à la sécheresse. Cette année, le pays risque de subir les mêmes phénomènes. Les sommes demandées sont principalement destinées aux secteurs de l'agriculture, de l'alimentation et de la santé.
 

 
 

 

 
« La sécheresse a été dramatique pour les cheptels qui sont bradés sur les marchés alors que les prix des céréales augmentent », ajoute Karim Adjibade. « Cette crise se passe dans un contexte dramatique : alors que l’indice de fécondité est l’un des plus haut sur la planète (8,5 enfants par femme), le taux de mortalité infantile au Niger est le plus haut au monde, après la Sierra Leone, et le taux de mortalité maternelle y est le plus élevé au monde ».

Alors que l'appel pour les victimes du tsunami a été financé à 100%, les besoins pour le reste du monde sont financés à 25% seulement à la mi-2005.

Le 11 mai dernier, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, avait déploré la discrimination qui frappe l'Afrique sur le plan humanitaire.

« La majorité de nos appels en Afrique sont gravement sous-financés, en dessous de 20% pour l'instant cette année », avait précisé Jan Egeland.

L’UNICEF France a débloqué 150 000 euros le 1er juin dernier en faveur des programmes nutrition au Niger.

 

 

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