Niger : l'UNICEF prend des mesures d'urgence contre le paludisme

Publié le 29 septembre 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Afin d’éviter une autre vague de décès chez les enfants malnutris, l’UNICEF et l’OMS envoient 100 000 traitements antipaludiques au Niger.

Au Niger, le paludisme provoque, seul, chaque année plus de décès chez l’enfant de moins de cinq ans que toute autre maladie. Comme l'a souligné le Dr David Nabarro, Représentant du Directeur général de l’OMS pour les interventions sanitaires en cas de crise, « même en temps normal au Niger, 50 % des décès chez les moins de cinq ans sont dus au paludisme. Si des mesures appropriées ne sont pas prises, le bilan pourrait être encore plus lourd, car la malnutrition accroît le risque de décès et rend le diagnostic du paludisme plus problématique, les symptômes étant plus difficiles à reconnaître.»

L’UNICEF et l’OMS fourniront des associations médicamenteuses à base d'artémisinine (ACT), le traitement le plus efficace dont on dispose contre le paludisme à falciparum - forme la plus mortelle de la maladie et qui sévit au Niger. Les médicaments seront répartis dans les centres nutritionnels et de santé des 16 districts exposés à un risque élevé de malnutrition et de paludisme.

L’UNICEF et le Ministère de la santé ont en outre prévu d’organiser une vaste campagne de ré-imprégnation de moustiquaires à destination de 500 000 foyers dans les zones touchées par la crise nutritionnelle. Pour tenter de prévenir de nouveaux cas, le Fonds mondial contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme a fait don à l’OMS de 50 000 moustiquaires imprégnées qui doivent être distribuées aux enfants et femmes enceintes.

Accès gratuit aux centres de santé du gouvernementaux

Les agences des Nations unies, les donateurs et le gouvernement du Niger mènent actuellement des discussions pour la mise en place d’un fonds de solidarité qui permettrait un accès gratuit aux services de santé en période de crise nutritionnelle. Depuis la mise en place de la réforme du système de santé qui réclame une participation du malade au paiement des soins, de nombreux enfants malnutris ne peuvent pas recevoir de traitement adéquat. L’UNICEF a déjà débloqué 100 000 dollars pour mettre en place immédiatement cette initiative au sein de 4 hôpitaux gouvernementaux et 6 centres de santé de Niamey.

Aide nutritionnelle

Au 15 septembre 2005, 398 centres nutritionnels étaient opérationnels dans le pays. Depuis le 1er juillet, 88 600 enfants malnutris y ont été. En plus de la prise en charge des enfants malnutris, des rations ont été distribuées à 133 000 enfants familles comptant des enfants vulnérables.

L’UNICEF préside chaque semaine des réunions avec des représentants du gouvernement, d’Organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales à Niamey pour faire l’évaluation des actions menées et des besoins persistants. Des réunions de coordination du même type sont menées dans les régions les plus touchées par la malnutrition : Zinder, Maradi, Tahoua, Tillaberi. L’UNICEF a également coordonné le développement et l’adoption d’un protocole national pour la gestion de la malnutrition sévère et le développement d’une stratégie nationale de formation d’agents de santé dans ce domaine. 203 agents de santé ont été formés à ce jour et 105 autres le seront prochainement.

L’UNICEF va mener des enquêtes nutritionnelles visant à évaluer l’étendue et la gravité de la crise actuelle et à fournir des données sur les causes autres que nutritionnelles de la crise actuelle afin de développer un plaidoyer et un plan d’actions.

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