Niger : taux de malnutrition alarmants

Publié le 26 décembre 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Depuis le début de la crise alimentaire, plus de 300 000 enfants malnutris ont bénéficié de traitements dispensés par le gouvernement, l’UNICEF et plus de 20 organisations non gouvernementales nationales et internationales. 90% des enfants traités sont guéris mais les résultats de l’étude montrent qu’en raison de la gravité de la situation, davantage d’efforts doivent être fournis.  

Le CDC Atlanta a recueilli des données sur les niveaux de malnutrition en septembre et octobre 2005. Durant 30 jours, 80 enquêteurs ont parcouru huit régions du Niger : Agadez, Diffa, Dosso, Maradi, Niamey, Tahoua, Tillabery et Zinder. Un total de 5324 enfants de moins de cinq ans ont été pesés et mesurés sur la base d’un échantillon issu du recensement de 2001, lequel constitue la référence la plus récente en matière de données sur la taille de la population au Niger.* 

L’étude confirme que 15,3% des enfants de 6 à 59 mois souffrent de malnutrition aiguë (modérée ou sévère). Les taux vont de 8,9% à Niamey à 17,9% à Tahoua dans le centre du pays. Les taux dépassent également 15% dans le sud du Niger à Diffa, Maradi et Zinder. A l’exception de la capitale, les taux de malnutrition au Niger dépassent 10%.  

Pour de nombreux experts, les résultats de cette étude ne sont pas surprenants. Ils confirment une réalité observée sur le terrain et montrent que la crise alimentaire de 2005 est l’expression d’une crise structurelle qui sévit au Niger depuis des années et qui est le résultat d’une combinaison de facteurs déterminant la disponibilité, l’accessibilité et l’utilisation des aliments.** 

Un plan d'action pour réduire les taux de malnutrition
Sur la base des résultats de cette enquête, un plan d’action sera très prochainement finalisé afin de réduire les taux de malnutrition observés chez les enfants. L’UNICEF continuera en particulier à soutenir les interventions du gouvernement et des organisations non gouvernementales dans les centres thérapeutiques nutritionnels ainsi que les efforts déployés par les communautés pour réduire la malnutrition. Il s’agira également de prévenir la malnutrition par le biais de la fourniture de micro-nutriments, de la réduction des anémies par la lutte contre le paludisme, de la lutte systématique contre le ver de Guinée et de la sensibilisation aux pratiques nutritionnelles bénéfiques aux enfants telles que l’allaitement maternel. L’UNICEF entend également mettre en place un système de surveillance nutritionnelle et soutenir les actions favorisant un accès gratuit aux systèmes de santé de base pour les enfants de moins de cinq ans. 

L’action de l’UNICEF est menée conjointement avec le gouvernement du Niger, les agences des Nations unies (y compris le Programme alimentaire mondial et l’organisation mondiale de la santé) et plus de 20 Organisations non gouvernementales nationales et internationales opérant sur le terrain.  

* Ces données ont été utilisées pour tirer un échantillon représentatif sur la base d’un double tirage aléatoire des ménages. Dans chaque ménage tiré, tous les enfants de 6 à 59 mois sont retenus pour les mesures anthropométriques.
** Au Niger, la sécheresse, l’invasion acridienne et les mauvaises pratiques nutritionnelles ne sont pas les seuls facteurs expliquant la crise actuelle. Le refus de procéder à des distributions gratuites de nourriture dès la prévision du déficit céréalier (fin 2004), de peur de déstabiliser le marché, a empêché des milliers de personnes de se procurer des denrées de base. Dans un pays où 63% de la population vit au-dessous de seuil de pauvreté, la vente, même à bas prix, des vivres, a plongé de nombreuses familles dans l’insécurité alimentaire. Les Nigériens ont dans le même temps souffert de la flambée des prix consécutive à la rareté des produits et à la spéculation traditionnellement observées en période de soudure.

Lire le FAQ au sujet l'enquête sur la malnutrition au Niger réalisé par l"UNICEF et le CDC Atlanta

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