Niger : une crise sur fond d'insécurité alimentaire chronique

Publié le 24 juillet 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Les taux de malnutrition aiguë (modérée et sévère) des enfants de moins de 5 ans ont atteint 13,4% au sud du Niger dans les régions de Maradi et Zinder, dont 2,5% sont des enfants sévèrement malnutris.

Les taux de malnutrition aiguë (modérée et sévère) des enfants de moins de 5 ans ont atteint 13,4% au sud du Niger dans les régions de Maradi et Zinder, dont 2,5% sont des enfants sévèrement malnutris selon l’UNICEF qui s’appuie sur une enquête nutritionnelle menée par les Nations unies et plusieurs ONG.

Le manque de nourriture impacte 3,3 millions de personnes dont 800 000 enfants de moins de 5 ans dans 3815 villages. Les officiels estiment le manque de céréales à plus de 220 000 tonnes et le déficit de nourriture pour le bétail à 4,6 millons de tonnes.

Dans les centres de nutrition thérapeutiques (CNT) soutenus par l’UNICEF, les admissions augmentent de façon exponentielle. Elles sont au moins deux fois plus importantes que le nombre enregistré l’année dernière à la même période. Cette crise s’inscrit dans un contexte déjà très fragile sur le plan alimentaire et sanitaire notamment.

Au moins 40% des enfants, soit 1 million, souffrent d’une forme de malnutrition chronique ou aigue. Ce nombre a fortement augmenté à cause du manque actuel de nourriture. Pendant la saison agricole 2004 au Niger, des essaims de criquets ont détruit presque 100% des récoltes dans certaines régions du pays. Dans d’autres régions, le manque de pluie a endommagé les récoltes et asséché les pâturages affectant à la fois les agriculteurs et les éleveurs.

Les familles nigériennes pratiquent une agriculture de subsistance, cultivant suffisamment pour se nourrir jusqu’à la prochaine moisson, ce qui crée une situation de malnutrition structurelle lors des périodes de soudure.

Cette année, les pluies précoces et régulières faisaient espérer une saison agricole meilleure. Pourtant, il faudra attendre les prochaines récoltes en octobre. Les villageois entament la période critique : la période de soudure, pendant laquelle les stocks de nourriture sont au plus bas. C’est également le moment où les travailleurs agricoles ont besoin de toute leur énergie pour cultiver les champs, travail manuel très pénible.

En janvier 2005, l’UNICEF avait pris des mesures préventives :

  • Livraison de plus de 41 tonnes de lait thérapeutique et de 1,5 tonnes de Plumpy’nut® (aliment thérapeutique) pour les enfants souffrant de malnutrition sévère, dans 31 centres de nutrition thérapeutique gérés par les partenaires UNICEF.
  • 614 tonnes de grains répartis sur les 62 villages les plus touchés, pour environ 198 000 habitants dont 40 000 enfants de moins de 5 ans.
  • Renforcement des équipes de suivi de la croissance pour identifier et prévenir la malnutrition.
  • Formation des agents de santé au protocole de nutrition thérapeutique.

L’UNICEF a alloué 1 235 400 dollars pour traiter les enfants souffrant de malnutrition sévère et pour réduire les effets de l’insécurité alimentaire dans les foyers. Les comités finlandais, français, allemand et belge pour l’UNICEF ont contribué à hauteur de 541 000 dollars à cette somme. 812 600 dollars supplémentaires sont nécessaires à l’UNICEF et ses partenaires pour apporter une aide à court terme aux enfants du Niger.

Tout en faisant face à cette situation d’urgence, l’UNICEF maintient son action à moyen et long terme de développement durable.
 
« La communauté internationale et les bailleurs de fonds doivent comprendre que cette situation de crise s’ajoute à une crise structurelle qui s’est aggravée en 2004 à cause du manque de pluies et des criquets. Des investissements durables sont nécessaires à long terme pour que les 61% de Nigériens qui vivent avec moins d’un dollar par jour puissent échapper au cercle vicieux de la misère et puissent pourvoir aux besoins en nourriture, santé et éducation de leurs enfants. » a déclaré M. Adjibade, le représentant de l’UNICEF au Niger.

Le Niger compte 11,5 millions d’habitants. Le pays a le 2e taux le plus important au monde de mortalité des moins de 5 ans (263/1000). Moins de 50% de la population a accès aux services de santé de base.

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