Niger : une seconde crise alimentaire pourrait survenir en 2006

Publié le 29 novembre 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Une récente évaluation de la sécurité alimentaire par le Programme alimentaire mondial (PAM) dans les régions les plus gravement affectées au Niger révèle la situation préoccupante d'une population pauvre, endettée et largement affectée par l'insécurité alimentaire.

Le PAM estime que 1,2 million de personnes n'ont de stocks de céréales suffisants que pour trois mois, tandis que 2 millions d'autres personnes n'ont de stocks suffisants que pour cinq mois. Et 2 millions d'autres auront une année difficile alors que les moyens de subsistance sont déjà précaires.

«Même si les pluies s'avèrent suffisantes, si les criquets ne s'abattent pas sur le pays, que les récoltes sont bonnes et que les prix des céréales restent stables l'année prochaine, de nombreux Nigériens ont déjà pratiquement épuisé leurs ressources », alerte l'agence des Nations unies.

Le PAM fait observer que la malnutrition continue de peser le plus fortement sur les enfants. Avec l’UNICEF et l'organisation non gouvernementale Médecins sans frontières, près de 200 000 enfants et leurs familles ont été traités et nourris dans 700 centres au Niger cette année.

Le PAM aura besoin de 20,3 millions de dollars pour financer son opération d'urgence en cours jusqu'au mois de mars prochain, dont 8,3 millions immédiatement, sans quoi des pénuries sont à craindre dès le mois de décembre.

«Le Niger a malheureusement disparu de l'agenda international, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses […]. Mais le Niger a besoin de plus que d'une « roue de secours ». Il faut une assistance ciblée et soutenue pour lui permettre de sortir de la pauvreté et de la misère une fois pour toutes », a conclu le directeur du PAM au Niger, Gian Carlo Cirri.

Le 5 août dernier, les Nations unies avaient réévalué à 81 millions de dollars les fonds nécessaires pour faire face à la crise alimentaire sévissant au Niger, alors que le précédent appel pour venir en aide à 3,6 millions de personnes touchées par la crise s'élevait à 16 millions de dollars.

La réponse tardive des donateurs aux appels des Nations unies pour remédier à la crise a eu pour conséquence d'aggraver la crise, entraînant une spectaculaire augmentation des coûts, avait estimé James Morris, directeur du PAM, le 3 août dernier.

 

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