Nigéria : libérez les lycéennes enlevées, #BringBackOurGirls !

Publié le 09 mai 2014 | Modifié le 31 mars 2016

Suite aux enlèvements de plus de 200 lycéennes au Nigeria (« parce que les filles n’ont pas leur place à l’école »), l’UNICEF appelle à la libération immédiate et inconditionnelle de ces jeunes filles, et invite le grand public à rejoindre le mouvement #BringBackOurGirls. Cet acte odieux, qui n’est malheureusement pas isolé, nie le droit de chaque enfant à étudier dans un environnement sûr, et compromet l’avenir de toute une Nation.

Odieux. Criminel. Inacceptable.
Mi-avril, plus de 200 lycéennes étaient enlevées dans le foyer de leur école, dans le nord-est du Nigeria. Trois semaines plus tard, 8 autres filles étaient kidnappées. Un acte odieux qui prolonge et aggrave le cauchemar de ces jeunes filles et de leurs familles.
 
Le temps presse. Chaque heure écoulée voit le danger grandir pour les écolières : dans une vidéo diffusée cette semaine, le groupe militant islamiste nigérian Boko Haram revendique l’enlèvement, et menace de « vendre » des centaines de filles comme esclaves, ou de les marier de force, car selon eux « les filles n’ont pas leur place à l’école »… A ce jour, il n’existe pas d’information vérifiée  sur le lieu et les conditions de leur détention – ces zones du nord-Nigeria étant reculées et difficiles d’accès. Cependant, l’expérience à l’échelle mondiale montre que plus les enfants restent séparés de leurs familles, plus les risques d’exploitation sexuelle, de violence, de mariage forcé ou de recrutement dans les groupes armés sont grands.
 

Solidarité et appel à l’action

 
L’UNICEF condamne ces enlèvements avec la plus grande fermeté, appelle à la libération immédiate et inconditionnelle des jeunes filles – et appelle également les pays voisins, comme le Tchad et le Cameroun, à coordonner les efforts de recherche avec les autorités nigérianes.
Notre organisation se tient prête, en cas de libération, à travailler avec le gouvernement nigérian pour sécuriser le retour des lycéennes dans le cercle protecteur de leurs familles, ainsi que pour fournir un soutien psychologique et toute forme d’assistance possible aux jeunes filles et leurs proches.
 
Nous le rappelons : l’enlèvement d’enfant est un crime punit par la loi, nationale comme internationale. Et les attaques contre des enfants et des écoles sont inacceptables en toute circonstance.
 

#BringBackOurGirls : ne les oublions pas !

 
Où qu’elles soient, les jeunes nigérianes enlevées doivent savoir qu’elles n’ont pas été abandonnées. Tant qu’elles ne seront pas libres, nous n’aurons pas de répit.
Un mouvement de solidarité s’est créé sur Internet pour leur apporter soutien, ainsi qu’à leurs familles : l’UNICEF appelle le grand-public à rejoindre le hashtag #BringBackOurGirls [« rendez-nous nos filles », ndlr] afin que chacun ajoute sa voix à celles des nombreux autres militants, citoyens, célébrités, organisations qui se sont déjà indignés.

 

Peut-être la plus terrifiante – mais pas la première attaque…

 
Cet odieux kidnapping n’est malheureusement pas un acte isolé, loin de là : il s’agit seulement du plus récent incident d’une longue série d’attaques contre des écoles dans le nord du Nigéria – dont il est  difficile d’estimer le nombre étant donné que les incidents ne sont pas tous rapportés, et que les données ne sont pas systématiquement collectées.
Mais l’attaque d’une école ou d’un enfant est une attaque contre toutes les écoles et tous les enfants. Et quand des étudiants deviennent des cibles, ce ne sont pas seulement leurs vies qui sont en danger, c’est le futur de la nation qui est volé.
 

Le Nigeria – mais aussi l’Education et la Paix en général

 
 L’UNICEF est profondément préoccupé par la tournure que prennent ces attaques répétées contre des écoles, des enseignants et des élèves. Nous assistons actuellement à une tendance inquiétante dans les tactiques d’agression : jusqu’à 2011, seules étaient visées les bâtiments vides, pendant la nuit (alors bombardés, incendiés ou assaillis par des militants) ; depuis 2012, les professeurs, les écoliers (et écolières en particulier) sont ciblés directement – menacés, enlevés voire tués.
 
Un climat de peur s’installe comme l’explique Laurent Duvillier, porte-parole de l'UNICEF pour la région d'Afrique de l'Ouest et du Centre : « Quel parent va encore vouloir envoyer ses enfants à l’école quand il connaît les risques qu’il encourt ? Quel professeur va encore oser aller faire classe quand il sait les dangers auxquels il s’expose ? Le Nigéria est déjà le pays au monde qui compte le plus d’enfants non-scolarisés (60% d’entre eux vivant dans les Etats du nord) ! Certes ce phénomène n’est pas lié seulement à l’insécurité (la pauvreté, et la faiblesse du système scolaire et des infrastructures sont également responsables), mais ces atteintes à la sécurité des enfants et leurs encadrants sont indéniablement un facteur aggravant. »
 
Ce qui est arrivé à ces élèves au Nigeria pourrait arriver demain à d’autres jeunes filles, dans d’autres pays. Tous ceux pour qui l’éducation, la famille et la paix comptent doivent lutter contre ces atrocités. BringBackOurGirls !

L'essentiel

Au Nigéria, 10 millions d’enfants sont hors du système scolaire – le nombre le plus élevé au monde.

60% des enfants non-scolarisés sont des filles, et vivent dans le nord du pays
 
Avant 2011, les attaques sur des écoles avaient lieu la nuit, sur des bâtiments vides. Depuis 2012, des professeurs, et des élèves sont directement ciblés.
 
Plus de 200 lycéennes enlevées en avril/mai 2014 : l’UNICEF appelle à leur libération immédiate, soutient le gouvernement nigérian et invite le grand public à rejoindre le mouvement #BringBackOurGirls

 

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