Nojoud, 10 ans, divorcée

Publié le 28 juillet 2009 | Modifié le 15 janvier 2016

Mariée à 10 ans à un homme de 20 ans son aîné, Nojoud trouve le courage de s’enfuir et obtient le divorce. Dans les zones rurales du Yémen, l’âge moyen de mariage pour les filles est de 12-13 ans.

Mariée à un homme de 20 ans son aîné, Nojoud, jeune yéménite de 10 ans, trouve le courage de s’enfuir et obtient le divorce.

Elle dit à son mari qu’elle sort acheter du pain. En fait, elle prend le bus puis un taxi pour rejoindre le tribunal de Sana’a. «Je veux divorcer», lance-t-elle. Cette courageuse enfant de 10 ans est alors mariée à un homme de 30 ans, qui la bat et abuse d’elle sexuellement. Son combat a attiré les caméras et les micros du monde entier. Nojoud a parcouru de nombreux pays pour faire connaître sa cause. Et a ainsi permis de lever un tabou bien ancré au Yémen : celui des mariages précoces.

« Je veux devenir avocate »

Une étude récente de l’Université de Sana’a a montré que l’âge moyen du mariage dans les zones rurales yéménites se situe autour de 12-13 ans. Et selon le Centre International de Recherche sur la Femme, environ la moitié des femmes yéménites sont mariées avant leurs 18 ans. Le divorce de la jeune Nojoud a ouvert la voie à d’autres fillettes livrées par leurs parents à des hommes. Dans les prochaines semaines, le parlement devrait débattre d’une loi interdisant le mariage des mineures. Mais le consensus est encore loin d’être atteint au Yémen.

L'Unicef soutient pour sa part le combat de Nojoud et informe les communautés sur les risques du mariage précoce. Plus de 200 journalistes locaux ont aussi été formés à ces questions de société souvent passées sous silence.

Quant à Nojoud, elle essaie aujourd’hui de reprendre une enfance « normale ». « Je conserve de grands espoirs. J'apprécie d'aller à l'école et j'étudierai d'arrache-pied pour devenir avocate.» Son père a apparemment compris le message. « Je réalise aujourd'hui l'erreur et je n'engagerai plus jamais une autre de mes filles dans un mariage d'enfants, affirme-t-il. Mes filles seront mariées quand elles seront en âge de l'être. »

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Un taux de mortalité maternelle élevé

La coutume du mariage précoce a des conséquences sur la société yéménite. Les taux de mortalité maternelle et néo-natale y sont parmi les plus élevés du monde. Sur 100 000 naissances, 41 nouveau-nés décèdent et 365 femmes meurent en couches. Les jeunes mères âgées de moins de 15 ans courent cinq fois plus de risques de mourir de complications au moment de l'accouchement que les femmes âgées de 20 à 30 ans.

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