« Nos enfants sont malades »

Publié le 19 octobre 2009 | Modifié le 12 juillet 2016

La Corne de l’Afrique fait face à une sécheresse dévastatrice. On estime que 24 millions de personnes souffrent dans cette région.

« J’avais 161 vaches, 155 d’entre elles sont mortes, explique Ekwam. Avec les six restantes, je ne sais que faire : mourir ou aller ailleurs. » Ce jeune Kenyan a 20 ans. C’est accompagné de son petit frère de 11 ans qu’il parcourt les terres arides avec ce qu’il reste de leur troupeau.

Les quatre dernières saisons des pluies ont été mauvaises. Les conséquences de cette sécheresse sont dramatiques pour les familles. Et le Kenya n’est pas le seul pays touché. Toute la Corne de l’Afrique est meurtrie.  24 millions de personnes souffrent à Djibouti, en Ethiopie, en Erythrée, au Kenya, en Somalie et dans certaines parties de l’Ouganda. Parmi eux,  5 millions d’enfants de moins de 5 ans.

Des cas de choléra

Nouria, 5 ans, et Sophia, 3 ans, souffrent toutes deux de diarrhées. Leur village, Basa, est situé dans une zone très aride de l’est du Kenya. L’eau doit y être acheminée une fois par semaine par camion. Récemment, cinq enfants sont morts dans cette communauté où 80 enfants sont traités contre la diarrhée et les vomissements. Il a été confirmé que le village était touché par le choléra.

« L’école de notre village a été fermée à cause du manque d’eau, de toilettes et de nourriture. Nos enfants sont malades, explique Fatuma, 40 ans. Les femmes souffrent aussi. Elles se réveillent à 4 heures du matin et reviennent à six heures quand le soleil s’est couché, retrouvant leurs enfants affamés et assoiffés. »

Des réponses de long-terme

 « Dans cette région, près de la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique. Et un enfant sur 8 meurt avant d’atteindre ses 5 ans, explique Elhadj As Sy, directeur régional du bureau régional de l’Unicef en Afrique de l’est et du sud. Si nous n’arrivons pas à réduire la vulnérabilité des enfants et de leurs familles, nous verrons des situations comme celle d’aujourd’hui se reproduire encore et encore.» Il y a urgence.

« Cette situation demande plus qu’une simple augmentation des fonds, explique Robert McCarthy, responsable Unicef des urgences dans la région. L’Unicef ne veut pas simplement titrer la sonnette d’alarme de temps en temps dans la Corne de l’Afrique et dire « nous avons besoin de plus d’argent ». Bien sûr, nous avons besoin de faire ça, mais il faut aussi mettre un accent franc sur des solutions plus durables, des approches significatives, qui vont nous aider sur le long terme.»

Soutenir nos actions