« Notre objectif : scolariser tous les enfants roms »

Publié le 30 août 2012 | Modifié le 30 décembre 2015

 Les récentes évacuations de camps roms remettent en cause l’accès à l’éducation des enfants de la communauté. Dans ce contexte difficile, Bozena Wojciechowski, maire adjointe en charge des droits et citoyenneté des résidents étrangers d’Ivry-sur-Seine, « Ville amie des enfants » UNICEF, revient sur l’action de la commune auprès des enfants roms. 

©Ivry94.fr

Votre ville d’Ivry- sur-Seine (Val-de-Marne) porte une attention particulière aux enfants roms. En quoi consiste le dispositif ?

Bozena Wojciechowski : La volonté affichée d’Ivry-sur-Seine est de scolariser tous les enfants présents au sein de la municipalité. Par conséquent, les enfants roms bénéficient d’un dispositif leur permettant d’intégrer une école au même titre que les autres enfants. 

L’intégration des enfants roms est plus compliquée pour l’entrée en maternelle et au collège. En maternelle, car les mères ont du mal à se séparer de leur enfant. Et au collège, la scolarisation peut très vite ne plus être une priorité. La scolarisation au primaire est beaucoup plus fluide aujourd’hui : le dispositif qui reposait sur deux Classes d’initiation pour non-francophones (CLIN) a permis de faciliter l’intégration de ces enfants à l’école. Ils ont même pu partir en 2012 en voyage de « classe nature ». Cette réussite s’est confirmée avec l’ouverture d’une 3e CLIN. 

L’objectif affiché à travers ces classes est de permettre aux enfants de rejoindre un cursus classique pour la suite de leur scolarité. Au total, la ville d’Ivry est en mesure de scolariser 15 enfants en maternelle et 27 en cours élémentaire. 20 enfants poursuivent également leur scolarité au collège pour la rentrée 2012/2013.

 

Comment se concrétise votre engagement à scolariser tous les enfants roms ?

Nous sommes confrontés à différents types de situations. Certains enfants vivent dans des camps où notre accès est très limité, voir inexistant. Les autres sont pour la plupart présents sur le camp principal qui existe depuis un an et demi et dépend d’Ivry. Suite à un long travail d’accompagnement et de pédagogie à destination des familles et grâce à l’appui des associations locales, la scolarité des enfants a pu se concrétiser. À travers cette expérience, des contacts avec Romeurope ont été pris afin d’échanger sur le dispositif et faire connaître nos actions.

 

Comment cet accompagnement est-il perçu par les parents ?

C’est un travail de longue haleine entreprit dès mars 2011 en parallèle de l’installation du camp, dans un contexte instable pour les familles. Les parents ont surtout deux types de réactions : la première se caractérise par la crainte de voir leurs enfants aller à l’école. Cette appréhension s’explique par la séparation parents / enfants et une peur liée aux réactions hostiles. Le lien de confiance est fragile au début et difficile à renforcer.  La seconde réaction, plus positive, se définit par la reconnaissance de voir ses enfants aller à l’école. Il s’agit d’un moyen d’ouverture vers l’extérieur et un bon canal pour leur intégration.

 

Parvenez-vous à maintenir un suivi de l’état de santé des enfants dans le temps ?

Au niveau de la santé comme du reste, rien n’est simple. Là encore, les parents occupent une place prépondérante au sein du dispositif et Ivry-sur-Seine peut compter sur une diversité des structures médicales permettant un bon suivi. La ville possède un centre municipal de santé, un centre de Protection maternelle et infantile (PMI) et un service d’urgence dentaire. À l’hôpital, un service pour les parents permet une réponse efficace en cas de besoin. Cette année, nous avons connu une urgence sanitaire au sein du camp avec un développement de la tuberculose. Notre dispositif santé a permis d’apporter une réponse rapide et adaptée à la situation. 

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