Ouganda : le manque de fonds et l'insécurité entravent l'action de l'UNICEF

Publié le 17 octobre 2005 | Modifié le 31 mars 2016

L’UNICEF vient en aide aux Ougandais résidant dans des camps de déplacés, en particulier aux enfants embrigadés comme combattants par les milices. Cependant, son action est entravée par l’insécurité qui règne autour des camps et par le manque de fonds. A ce jour, seuls 54% des 40 millions de dollars demandés par l’UNICEF ont été couverts*.

Le conflit armé entre la Force de Défense du Peuple Ougandais (Uganda People’s Defense Force-UPDF, l'armée ougandaise) et l’Armée de résistance du Seigneur (Lord Resistance Army-LRA), à présent dans sa 19ème année, a provoqué le déplacement de 1,4 million de personnes, dont 80% de femmes et d’enfants.

La LRA utilise les garçons et les fillettes comme combattants et les soumet à une violence extrême. Les filles servent de « récompense sexuelle » pour les jeunes hommes ayant fait preuve de bravoure ou pour leurs chefs. Sur un total de 7500 filles enlevées par la LRA depuis le début du conflit, près de 1000 sont devenues mères durant leur captivité.

En outre, chaque nuit, près de 35 000 enfants des districts de Gulu, Kitgum et Kalongo abandonnent leur foyer pour se réfugier dans des camps de déplacés ou dans les zones urbaines afin d’échapper aux rafles de la LRA. Ils dorment à la belle étoile dans les enceintes d’églises, d’hôpitaux ou d’écoles. Le chemin moyen parcouru chaque soir pour se mettre à l’abri est de 3 kilomètres mais certains enfants doivent parcourir 8 kilomètres dans les deux sens. Ces enfants sont accompagnés de nombreux adultes qui redoutent, eux aussi, d’être enlevés, battus ou victimes de pillages par les groupes armés.

Avec ses partenaires, l’UNICEF assure aussi bien la sécurité des enfants dans ces refuges qu’un accès aux installations sanitaires et aux soins. L’UNICEF tente également de les protéger le mieux possible durant le voyage entre leur village et le refuge et d’identifier les facteurs autres que la peur de l’enlèvement par la LRA qui poussent les enfants à fuir la nuit.

En 2005, l’UNICEF est en outre venu en aide à 300 enfants qui avaient été enlevés par la LRA (dont 150 filles devenues mères) en leur offrant un soutien psychosocial et en les aidant à retrouver leur famille. 250 autres enfants enlevés reçoivent actuellement un appui pour mettre en place une boulangerie sous forme de coopérative à Gulu.

En matière de lutte contre le VIH/sida, l’UNICEF, en collaboration avec les ONG et les gouvernements locaux, a fourni 40 000 kits de dépistage du virus à 17 camps de déplacés. L’UNICEF a aussi appuyé la formation de 400 éducateurs afin d’inciter les jeunes à se rendre dans les centres de santé reproductive.

Près de 200 000 enfants déplacés étudient en outre dans 200 écoles temporaires construites dans les camps avec l’aide de l’UNICEF. 160 autres écoles sont en cours de construction et 125 enseignants et responsables de districts ont été formés aux principes « école amie des enfants ».

Cependant, le défi majeur que doit relever l’UNICEF est la difficulté d’accéder à la population en raison de l’insécurité qui règne en dehors des grandes villes. Les travailleurs sociaux et humanitaires n’ont accès qu’à 30% des 200 camps de déplacés. Face à ce défi, l’UNICEF met à disposition de tous les travailleurs humanitaires des véhicules blindés dans les districts de Gulu et de Kitgum.

*L’UNICEF France a contribué à hauteur de 312 000 dollars.

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