Pakistan : 2700 écoles occupées, 300 détruites

Publié le 29 juillet 2009 | Modifié le 31 août 2015

Un million d’enfants pourraient être privés de classe en septembre. Les écoles sont toujours occupées par des familles déplacées et de nombreux établissements ont été détruits par les combats dans le nord ouest du pays.
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Reportage photo

Ils quittent aujourd’hui les camps et les familles d’accueil mais ne sont pas sûrs de ce qu’ils vont retrouver dans leur région. Les déplacés, qui avaient fui les combats dans le nord ouest du Pakistan, ont commencé le périple retour. Près d’un demi-million d’individus seraient actuellement sur la route ou déjà retournés chez eux. Mais les combats entre Talibans et forces gouvernementales qui ont touché ces régions frontalières de l’Afghanistan ont fait des dégâts. 300 écoles auraient ainsi été détruites, dont près de 200 écoles de filles. Certains enfants risquent donc de ne pouvoir reprendre les cours en septembre. « Dans notre village du district de Swat, l’école de mes filles a été détruite l’année dernière, explique Zulema Bibi, parent déplacé. Elle n’a pas rouvert. Si nous rentrons maintenant, elles risquent de perdre une année scolaire entière. »
Rentrée en septembre
Les autorités promettent des reconstructions d’écoles rapides mais les populations qui rentrent actuellement dans leurs régions d’origine sont inquiètes. « Il y a tellement à faire ici, tout est en ruines, il faudra des mois pour que la vie normale reprenne son cours », a affirmé Muhammad Khan, déplacé récemment rentré dans le district de Swat. Le gouvernement souhaite cependant maintenir la date de la rentrée des classes. Reste également à évacuer les écoles qui servent encore de refuges aux familles. Tous les déplacés ne sont en effet pas encore sur le retour. Un million et demi de personnes vivent encore dans la précarité des camps, des établissements publics ou chez des familles d’accueil. Sur les 4000 écoles occupées par les déplacés, 1300 ont été évacuées. Il faut aujourd’hui aider les familles qui vivent encore dans les salles de classes pour qu’elles puissent retourner chez elles dans de bonnes conditions. Et pour que les enfants puissent retrouver les bancs de l’école dès septembre.

Des zones pas complètement sûres

L’Unicef a appelé à la prudence pour le retour des déplacés. Les familles doivent pouvoir revenir chez elles en toute sécurité. Aujourd’hui, c’est dans le district du Waziristan, frontalier de l’Afghanistan, que le risque est le plus important. « Nous sommes vraiment préoccupés par la sécurité des populations au Waziristan, explique Antonia Paradela, chargée de communication de l’Unicef Pakistan. Et dans tout le nord ouest du pays à la frontière afghane, il reste une activité talibane. La situation n’est pas revenue à la normale. » Les conditions du travail humanitaire sur le terrain restent donc très délicates.

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