Pakistan : l'aide manque toujours cruellement

Publié le 06 novembre 2005 | Modifié le 31 août 2015

Si les Etats Membres ont doublé leurs promesses de contribution, mercredi 26 octobre à Genève, lors de la conférence des donateurs pour le Pakistan, les fonds effectivement débloqués restent insuffisants pour faire face à la crise, a indiqué Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU.

L’UNICEF a pour sa part lancé un appel de fonds de 92,5 millions de dollars afin de répondre aux besoins des enfants et de la population touchés par le séisme. A ce jour, seuls 24 millions de dollars ont été reçus.

2 000 tonnes d'aide humanitaire se trouvent à présent sur le terrain au Pakistan. Cependant, leur distribution doit être accélérée pour protéger les survivants du séisme avant l'hiver, alerte l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), pour qui ces stocks représentent une «goutte d'eau» au regard des besoins. Le HCR a reçu jusqu'à présent 5,5 millions de dollars, sur les 30 millions demandés.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé le 31 octobre qu'il allait être contraint de laisser ses hélicoptères à terre, faute de moyens suffisants pour les faire voler. Ces hélicoptères sont pourtant le seul moyen d'atteindre des centaines de milliers de survivants isolés dans les zones montagneuses, souligne l'agence. Le PAM n'a reçu que 10% des 100 millions de dollars nécessaires pour faire fonctionner les hélicoptères qui permettent d'apporter une aide alimentaire aux victimes et des fournitures humanitaires aux populations isolées.

«C'est tragique d'avoir la capacité technique de sauver la majorité des survivants en leur apportant une alimentation de base pour l'hiver mais de ne pas pouvoir les atteindre en raison du manque de fonds. Et c'est très inquiétant de savoir que la communauté internationale – qui a été si généreuse après le tsunami dans l'océan indien – ait échoué à répondre de manière adéquate à la crise», a affirmé Amir Abdulla, directeur du programme régional pour le PAM.

Le tremblement de terre qui a frappé le Nord Est du Pakistan, le Nord de l'Inde et la région du Cachemire a déjà fait 53 000 morts. Une seconde vague de décès pourrait survenir si les secours n’arrivaient pas à temps. Les populations vivant au-dessus de 2 000 mètres d'altitude, isolées et exposées au froid, sans nourriture et sans abri, sont les plus vulnérables.

 

 

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