Pakistan : «Les conditions sanitaires peuvent se dégrader très vite»

Publié le 05 août 2010 | Modifié le 31 août 2015

L’Unicef continue ses interventions sur le terrain pour venir en aide aux victimes des inondations au Pakistan. 1,4 million d'enfants sont concernés. Trois questions à Martin Mogwanja, le Représentant de l’Unicef au Pakistan.

 

Vous avez pu survoler les zones sinistrées. Quels sont réellement les dégâts provoqués par les inondations ?

 

Dans certains endroits, l’eau est montée de quatre mètres et a tout emporté. Les immeubles se sont effondrés, des villages entiers sont sous les eaux, les cultures ont été détruites, et plus rien ne fonctionne : les stations de pompage, les centrales électriques, les réseaux de télécommunications… Le plus gros problème, c’est de mettre les gens à l’abri : on essaie de les loger dans des établissements scolaires ou des locaux administratifs, mais ils sont 3,2 millions à avoir été directement touchés par les inondations ! Il y a une école où sont hébergés jusqu’à 3000 sinistrés…

 

Continue-t-il de pleuvoir ? Quelles sont les conditions sanitaires ?

 

Les pluies de la mousson devraient continuer encore jusqu’à la mi-août, mais pas aussi fortes que ce que nous avons connu il y a huit, dix jours. Mais certains spécialistes redoutent de nouvelles inondations. Actuellement, il y a un gros problème d’eau potable : le réseau d’approvisionnement est pollué, et il y a un vrai risque de propagation de maladies liées à l’eau, comme les diarrhées. Les chiffres de cas avérés que l’on a pu entendre, comme « 100 000 cas à Swat » sont clairement exagérés, c’est plus de l’ordre de plusieurs centaines de cas, mais il n’empêche que le risque est réel, et que le nombre pourrait progresser très vite. C’est pourquoi l’Unicef travaille pour prévenir cette propagation, en distribuant des tablettes de purification d’eau, en informant les gens par la radio et la télé, surtout pour les enfants, pour qui ces maladies peuvent être mortelles.

 

Sait-on combien de temps prendra le travail de reconstruction ?

 

C’est très difficile à dire. Au moins trois à six mois de travail seront nécessaires pour remettre en état les infrastructures les plus essentielles. Dans deux, trois semaines, après la décrue, on devra faire face aux problèmes économiques liés à la destruction de toutes les infrastructures, des stocks de nourriture… Pour l’instant, on est dans l’urgence : donner des vêtements et des chaussures aux enfants qui n’ont plus rien d’autre que ce qu’ils portaient sur eux, les vacciner contre la rougeole, les faire soigner par des équipes médicales mobiles. Quand viendra la phase de reconstruction, il faudra remettre sur pied tout le système de santé, prendre en charge les enfants traumatisés –certains ont vu des parents, des amis mourir sous leurs yeux ! - restaurer le système scolaire avant la rentrée de septembre… Au fur et à mesure, les besoins sont réévalués à la hausse. Nous avons besoin d’une mobilisation forte et rapide des donateurs.

 

L'UNICEF lance un appel de fonds de 36 millions d'euros pour financer ses opérations de secours sur place. Venez en aide au 1,4 millions d'enfants victimes des inondations.

 

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