Pakistan : premiers retours des familles déplacées

Publié le 20 juillet 2009 | Modifié le 31 août 2015

Ils seraient plus de 400 000 déplacés à avoir regagné le nord ouest du pays. L’Unicef veut faire de la sécurité une condition préalable au retour des populations.

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Reportage photo

Ils n'ont pas encore tous pris le chemin du retour. Une fraction seulement des 2 millions de personnes qui ont fui les combats entre Talibans et forces gouvernementales au nord ouest du pays. Mais d’autres devraient suivre dans les jours à venir. Hommes, femmes, enfants avaient trouvé refuge dans des camps ou, pour la vaste majorité d’entre eux, dans des communautés d’accueil. Ces déplacés supportent des conditions de vie difficiles et la plupart d’entre eux aspirent aujourd’hui à retourner chez eux. «C’est à cause des températures extrêmement élevées que nous nous en allons. Il fait trop chaud ici, tous mes enfants sont tombés malades», explique Ali Zafar, qui vit depuis plusieurs mois dans le camp de Jalozai, dans le district de Nowshera. Les familles déplacées, habituées à la relative fraîcheur des montagnes, ne supportent pas bien les 40 à 45 degrés atteints chaque après-midi dans les plaines pakistanaises. Et les conditions de vie difficiles dans les camps et les communautés d’accueil les poussent à repartir. Il faut cependant veiller à ce que ces retours, annoncés la semaine dernière par le gouvernement pakistanais, se fassent en toute sécurité.
50 personnes dans une même pièce
L’Unicef travaille avec ses partenaires des Nations unies et le gouvernement pakistanais pour s’assurer que le retour des déplacés se fasse dans de bonnes conditions. Ces retours doivent être volontaires et il est important que les autorités garantissent la sécurité des civils. «Il était très important pour nous de spécifier clairement aux agents du gouvernement qu’ils doivent nous donner l’assurance que la sécurité est assurée pour que nous puissions apporter notre soutien pour ces retours», explique Louis-Georges Arsenault, directeur des programmes d’urgence à l’Unicef. «Cela étant dit, il est clair que les personnes n’ont pas l’intention de rester dans les camps, les déplacés veulent pouvoir rentrer chez eux aussi vite que possible. Nous nous assurons donc que les conditions préalables pour leur retour sont bien remplies.»
L’Unicef espère ainsi que le plus grand nombre de déplacés pourra bientôt rentrer dans le nord ouest du pays, en toute sécurité. Il faut soutenir ces populations qui repartent tout en continuant d’aider les familles qui sont toujours dans les camps et dans les communautés d’accueil. «Il y a des maisons dans lesquelles 50 personnes cohabitent dans une pièce et qui vivent comme ça depuis plusieurs mois maintenant, dans une chaleur extrême, continue Louis –Georges Arsenault. Cela ne peut pas durer éternellement. Nous espérons que le retour de ces populations puisse se dérouler progressivement, et c’est ce que nous planifions.»
L’aide humanitaire reste cependant difficile au Pakistan, un membre de l’agence des Nations unies pour les réfugiés a été tué par balle la semaine dernière. La prudence s’impose donc pour les civils, comme pour les travailleurs humanitaires.

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