Patrick Poivre d'Arvor, contre l'enrôlement des enfants soldats

Publié le 12 février 2010 | Modifié le 24 décembre 2015

En janvier 2010, l'ambassadeur de l'Unicef, Patrick Poivre d'Arvor, était en Colombie pour se rendre compte des activités que nous menons sur place pour prévenir l'enrôlement des enfants dans les groupes armés.

« Il faut très peu de choses pour que quelqu'un bascule, explique Patrick Poivre d’Arvor. Et c'est à cette période de la vie, dans l'adolescence et la préadolescence, que tout se décide. Donc si des gens leur donnent espoir – on a vu ceux qui les accompagnaient en permanence, qui leur servaient de tuteurs – ils iront du bon côté ».

Cette conviction n’a jamais été aussi présente à l’esprit de notre ambassadeur lors de son voyage en Colombie au mois de janvier dernier, au cours duquel il a observé la longue et patiente action des travailleurs sociaux et des intervenants soutenus par l’Unicef sur le terrain.

Encourager la formation professionnelle, les initiatives d'associations

A Pasto, au sud du pays, 800 jeunes, soit 400 familles, sont accompagnés dans des projets sociaux et de formation et appuyés dans leur initiatives d'associations. Ces jeunes sont des proies faciles pour les groupes paramilitaires. Pour Antonella Scolamiero, représentante adjoint du bureau Unicef Colombie, « C'est un vrai défi pour toutes les municipalités, pas seulement les grandes villes. Nous travaillons avec les maires, les gouvernements locaux afin de s'assurer que des politiques publiques soient en place et à même de lutter contre cette situation difficile où des groupes armés illégaux recrutent des enfants ».
 
Plus de 11 000 enfants seraient associés aux forces et groupes armés dans le pays. Si le phénomène est plus récent dans les villes, il est implanté depuis plusieurs décennies dans les zones rurales. L’Unicef soutient la communauté Awa de la région montagneuse d’El Diviso. L’an dernier, cette communauté de 22 000 membres, menacée de disparition, a subi la répression des FARC pour avoir refusé de collaborer avec le groupe armé : 50 personnes, hommes, femmes, enfants, ont été massacrées. 

Comme l’explique encore Antonella Scolamiero, « Nous travaillons sur des programmes qui permettent aux enfants de retrouver leur identité, leur culture, leur propre langage, leur danse et leur histoire, des valeurs qui leur permettent de trouver la force de s'opposer aux groupes armés qui cherchent à les enrôler ».

"Ils désirent la paix, ils veulent que leur communauté puisse survivre"

Témoin de ce programme, Patrick Poivre d’Arvor en parle avec émotion : « Il y a eu des échanges magnifiques parce que on voit qu'à chaque fois revenaient dans leurs bouches les mêmes mots, et notamment le mot « paz », le mot paix. Ils désirent la paix, ils veulent que leur communauté puisse survivre, perdurer ».

Comme le conclut notre ambassadeur, « Ce qui m'a intéressé particulièrement, c'est de voir le travail que l'Unicef peut faire pour empêcher que les enfants aillent dans ces forces armées-là. Je vois aussi ce que le cœur peut faire comme miracle, et notamment le cœur de ceux qui travaillent sur le terrain. Ils sont formidables, de toutes les nationalités. Ils faut vraiment les encourager, et savoir qu'on peut redonner le sourire à un enfant avec pas grand-chose ».

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