Philippines : l'UNICEF au secours des victimes du glissement de terrain

Publié le 20 février 2006 | Modifié le 28 décembre 2015

Le village de Guinsaugon dans la ville de St Bernard s’étale au pied du Mont Can-abag. Sa population est d’environ 1 400 habitants. Vers 9h, le 17 février, une coulée de boue s’est répandue à travers Guinsaugon. Des pluies continues durant les deux semaines précédentes ont érodé une partie du flanc du mont Can-abag, causant un glissement de terrain qui a recouvert 90% du village.

Plus de 300 maisons ont été ensevelies, y compris l’école primaire. Il y avait 253 écoliers, 6 enseignants et un principal qui s’y trouvaient pour l’examen annuel de fin d’année. Lundi 20 février, c’était encore sur cette école que se concentraient les recherches selon le représentant local de l’Unicef, le Dr Nicholas Alipui.

M. Alipui indique également que « le principal défi, pour le moment, est de coordonner les secours qui affluent ». Plus de 1 000 personnes ont en effet été déployées pour assister aux opérations de recherche, et plus de 200 pour les secours médicaux.

Le décompte établi lundi par le gouvernement parle de 415 personnes secourues, 81 corps retrouvés et 1 350 personnes disparues. Une zone de 3 kilomètres carrés est recouverte d’une couche de boue de 4 mètres d’épaisseur.

Par sécurité, le maire et les autorités provinciales ont commencé par évacuer les villages voisins pour conduire les populations vers des terrains plus sûrs. Trois centres d’évacuation ont d’abord été constitués dans deux écoles et un couvent. Il en existe maintenant 7. Ils réunissent plus de 4 000 personnes.

Des équipes civiles et militaires creusent le site. Le ministère de la Santé a envoyé des centaines de sacs pour les cadavres et des sachets de chaux en poudre pour le site dévasté.

Les priorités des équipes de santé sont :

- la vigilance sanitaire : comme les corps vont sans doute s’accumuler sur le site, surveiller la situation sanitaire et endiguer la propagation des maladies est décisif.

- les consultations médicales : les enfants se plaignent d’infections respiratoires et de diarrhées, qui peuvent mettre leur vie en danger vu les conditions actuelles.

- l’alimentation : les secours ont réclamé des repas et des bouteilles d’eau minérales. En effet, un test réalisé avant la catastrophe montrait que l’eau n’était pas potable. Un traitement au chlore a été requis au niveau de la source.

D’autre part, les pluies continues rendent les secours difficiles et surtout laissent craindre que d’autres catastrophes pourraient se produire dans la région. Comme l’explique le Dr Nicholas Alipui : « Il y a un risque de dépression tropicale dans la même secteur et le danger de glissements de terrains plus importants est réel. Nous nous préparons au pire ».

L’Unicef a apporté des kits des santé pour 10 000 personnes, et en matière d’éducation, l’Unicef travaille avec les autorités locales, qui ont identifié les besoins des enfants en vue d’un retour à l’école d’ici un mois (la classe a été arrêtée dans deux écoles, transformées en centre d’évacuation). Cette situation concerne 800 écoliers.

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