Pour un retour rapide à l'école des enfants irakiens

Publié le 30 septembre 2003 | Modifié le 31 août 2015

La directrice de l’UNICEF a salué la « sagesse innée » des parents irakiens et des éducateurs qui encouragent la reprise des classes en Irak. Ils doivent être « soutenus, encouragés, félicités et imités » pour la vitesse avec laquelle les enfants sont retournés à l’école, dans le nord et le sud du pays.

L’école est un indicateur crucial de l’aptitude d’une société à fonctionner, spécialement en tant qu’élément de guérison post-conflit et effort de reconstruction.

« Je ne peux que souligner l’importance de l’éducation et son enracinement le plus tôt possible, a expliqué Mme Bellamy. Les écoles jouent un rôle vital dans l’effort de guérison, pas seulement à cause de leur fonction éducative, mais en tant que centres autour desquels les communautés peuvent commencer à panser leurs blessures et en même temps servir de point d’entrée à des interventions comme l’éducation sanitaire, le soutien psychosocial et l’assistance nutritionnelle ».

« On ne peut pas prévoir ce qui va se passer en Irak maintenant, a-t-elle dit. A quoi les parents vont-ils occuper leurs enfants pendant la journée ? A s’asseoir sur un banc d’école ou participer à des manifestations politiques et idéologiques ? De grandes zones urbaines restent polluées par des armes dangereuses et des rapports font état d’enfants quotidiennement blessés et tués. Démarrer l’école maintenant relève du bon sens pour les enfants, les parents et professeurs. C’est pourquoi nous voyons les écoles s’ouvrir spontanément ».

La situation à Bagdad est toutefois préoccupante. Récemment, des hauts responsables du ministère de l’Education, des professeurs et des parents ont contacté l’UNICEF car ils sont impatients de la réouverture des écoles à Bagdad. Mme Bellamy a précisé que les problèmes relatifs à la réforme du programme ne devraient pas interférer avec le droit des enfants à l’éducation, et ne devraient pas être un prétexte pour retarder la réouverture des écoles.

« Aujourd’hui, l’école va beaucoup plus loin que les livres et les cahiers, dit Carol Bellamy. C’est un élément de stabilité pour les parents, les enfants et la société en général. C’est aussi un élément sécurisant et d’attention pour les enfants. De plus, point important, l’école est un foyer pour la distribution de l’aide ,qui garantit que les enfants, les plus vulnérables dans les conflits, reçoivent ce qui leur est destiné. Le programme scolaire n’a pas été mis à jour depuis 20 ans. Il peut et doit être révisé le plus vite possible. »

La remise en route du système éducatif en Irak n’est pas chose facile, mais l’Unicef y croit. Trois guerres en 20 ans, douze années de sanctions et un secteur délaissé par le gouvernement ont mis en lambeaux un système éducatif qui faisait autrefois l’admiration du monde arabe. Aucune école n’a été construite depuis 1985, malgré une population en forte augmentation et le développement des villes.

« Oui, la tâche est difficile, dit Mme Bellamy, mais il est 9 heures du matin en Irak et les enfants retournent à l’école. L’Irak retournent au travail. On doit encourager cet élan. ».

Chiffres sur l’éducation

5000 nouvelles écoles ont besoin d’être construites pour accueillir l’accroissement de population des 20 dernières années.

6 à 7000 écoles ont besoin d’être rénovées. Beaucoup d’écoles n’ont pas de vitres aux fenêtres et pas d’électricité. Souvent les toilettes ne fonctionnent pas.

Les professeurs ont des classes de 70 élèves.

Les enfants ont cours par roulement pour réduire le sureffectif.

Le délabrement de l’éducation a démoralisé les enseignants (payés en moyenne 5€ par mois), et les enfants.

Avant la guerre du Golfe, 92% des enfants en âge d’être scolarisés allaient à l’école. Au début de l’année 2003, ils n’étaient plus que 76.4%. Presque un enfant sur 4 ne reçoit plus d’éducation. La plupart d’entre eux sont des filles. 31% des filles ne vont pas à l’école primaire contre 17.5% de garçons.

Avec le conflit, beaucoup d’écoles ont été la cible des pilleurs qui ont volé les fournitures, les livres et le matériel pédagogique. Les bâtiments aussi ont été endommagés. Des écoles ont été utilisées par les forces iraquiennes pour stocker leurs munitions, tandis que dans le Nord, les forces alliées s’en sont servies pour se mettre à l’abri. D’autres écoles encore ont été bombardées.

Soutenir nos actions