Prévention de la transmission du VIH de la mère à son enfant : les nouvelles recommandations de l'OMS

Publié le 11 décembre 2009 | Modifié le 06 juillet 2015

Recommandations de 2009 et explications par le Dr Tin Tin Sint, de l’Organisation Mondiale de la Santé.

1. Un début plus précoce du traitement antirétroviral (ARV1) pour un nombre plus important de femmes enceintes séropositives.
2. Fournir pour une période plus longue une prophylaxie antirétrovirale (ARV2) aux femmes enceintes séropositives dont le système immunitaire n’est pas trop faible et qui n’ont pas besoin de ce traitement pour leur propre santé, car cela permettra de réduire le risque de transmission du VIH à leur enfant.

Dr Tin Tin Sint : « Lorsqu’une personne est positive au test du VIH, un deuxième test, portant sur les CD4, doit être effectué pour déterminer son état de santé. Un individu séronégatif en bonne santé, par exemple, a un niveau de CD4 entre 600 à 1500 cellules/mm3. Une personne infectée, elle, atteint un seuil critique lorsqu’elle est à 200: elle commence à être menacée d’infections opportunistes. En 2006, l’OMS recommandait de mettre sous traitement ARV les mères ayant un niveau de CD4 de 200. Aujourd’hui, nous estimons que le traitement s’impose dès 350. Une étude a montré en effet que 75% de risque de transmission du VIH de la mère à son enfant se faisaient pour un niveau inférieur à 350 ».
» Cela dit, cette décision de l’OMS ne résout pas le problème auquel sont confrontés en amont de nombreux pays : en 2008 dans le monde, 34% seulement des femmes séropositives ont fait des examens complémentaires (méthode CD4 ou examen clinique) pour déterminer si elles devaient ou non recevoir un traitement ARV. L’OMS plaide auprès des gouvernements pour que ces examens nécessaires soient systématiquement faits, et travaille avec l’Onusida, le Fonds Mondial, le PEPFAR et les autres bailleurs pour que des fonds soient alloués dans ce sens ».

3. Fournir des ARV à la mère ou à l’enfant pour réduire le risque de transmission du VIH au cours de l’allaitement maternel.

Dr Tin Tin Sint : « En 2006, l’OMS ne donnait pas de recommandation dans l'utilisation des ARV pendant l'allaitement maternel pour une mère séropositive : l’OMS préconisait seulement que chacune puisse rencontrer un conseiller santé avant de prendre une décision dans le choix d'allaiter ou non. Aujourd’hui en 2009, étant donné les nouvelles données, l’OMS est favorable à l’allaitement de l’enfant jusqu’à 12 mois (à condition que la mère ou l’enfant reçoive un traitement ARV pour diminuer le risque de transmission du VIH). Le risque de transmission n’est pas nul – le lait contient le virus – mais on estime que le rôle du lait maternel dans la croissance de l’enfant et dans la stimulation de son système immunitaire est tel que l’allaitement au sein se justifie (le lait maternel est la principale source d'énergie et d'acides gras essentiels), surtout dans les pays en développement où l’utilisation, à la place, d'une alimentation de remplacement  avec une eau de mauvaise qualité peut mettre en péril la vie de l’enfant ».