Progresser dans le dépistage et le traitement du VIH chez les enfants et les mères

Publié le 30 novembre 2009 | Modifié le 19 août 2015

Les efforts nationaux de lutte contre le sida, en particulier ceux déployés pour prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant, montrent des résultats positifs, mais nombre d’enfants touchés par le VIH et le sida continuent à avoir beaucoup de mal à faire satisfaire leurs besoins essentiels, affirme un rapport publié aujourd'hui par quatre organisations des Nations unies.

Le rapport, intitulé Enfants et sida : quatrième bilan de la situation, 2009, et publié conjointement par l’UNICEF, l’ONUSIDA, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), présente des données sur les interventions qui protègent les femmes et les enfants contre le VIH et le sida et un ensemble de principes visant à accélérer les actions entreprises.

Les données indiquent qu'il y a eu des progrès significatifs dans certains pays, tant dans le traitement pour éviter la transmission du virus de la mère à l'enfant que dans le dépistage du VIH chez les femmes enceintes. Un traitement de prévention de la transmission de la mère à l’enfant est désormais assuré à 95 % des femmes qui en ont besoin au Botswana, 91 % en Namibie et 73 % en Afrique du Sud - tous des pays à forte prévalence du VIH. Le progrès est particulièrement manifeste en Afrique du Sud, où la couverture n’était que de 15 % en 2004.

« Dans le monde, 45 % des femmes enceintes séropositives reçoivent maintenant un traitement pour empêcher la transmission du VIH à leurs enfants, soit une augmentation de près de 200 % par rapport à 2005, selon Ann M. Veneman, Directrice générale de l'UNICEF. Le défi consiste à faire passer à grande échelle le traitement dans des pays comme le Nigéria, où vivent 15 % des femmes enceintes séropositives du monde ».

Actuellement, 10 % seulement des femmes du Nigéria sont testées pour le VIH et 90 % des femmes enceintes vivant avec le VIH n’ont pas accès à des traitements de prévention de la transmission à leurs bébés.

Les liens entre la pauvreté des ménages, la santé maternelle et infantile, et le VIH restent forts. Cependant les succès sont évidents lorsque les gouvernements se sont engagés vigoureusement à améliorer la santé de la mère et de l’enfant – notamment dans le domaine du dépistage et du traitement du VIH – et lorsque les tests et les traitements ont été intégrés aux programmes de santé materno-infantile d’ensemble. Les progrès seront plus marqués si l’on s’attaque aux causes profondes de la vulnérabilité au VIH, notamment la pauvreté, l'inégalité entre les sexes et la violence sexuelle.

« Nous ne pouvons pas nous permettre d’être complaisant, a déclaré le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS. Dans beaucoup de pays à revenus élevés, le VIH pédiatrique a été virtuellement éliminé. Cela montre bien ce qui est possible. Les nouvelles recommandations de l’OMS pour la prévention de la transmission mère-enfant, lancées aujourd’hui offrent une opportunité d’améliorer significativement la santé des mères et des enfants dans des configurations avec bas revenus. »

Le traitement pédiatrique des enfants séropositifs dans le monde est certes encore en retard par rapport au traitement des adultes, mais il progresse et il est rendu accessible à 38 % de ceux qui en ont besoin, une amélioration de près de 40 % en un an seulement. Des preuves récentes indiquent que le dépistage réalisé chez le nourrisson dans ses deux premiers mois de vie et l'initiation précoce du traitement antirétroviral (ARV) peuvent conduire à une réduction significative de la mortalité de l’enfant mais les données montrent que, dans le monde, 15 % seulement des enfants nés de mères séropositives sont testés avant l’âge de deux mois.

« Pour accroître le dépistage du VIH chez les mères et les enfants, nous avons besoin de nous attaquer aux barrières sociales, telles que la violence, la stigmatisation et la discrimination, et renforcer les systèmes de santé, a déclaré Mme Thoraya Ahmed Obaid, la Directrice exécutive du FNUAP. En offrant des services intégrés pour les soins de santé maternelle et infantile, la planification familiale et le dépistage du VIH, les conseils et le traitement, nous pouvons sauver et améliorer la vie de millions de femmes et d'enfants ».

La situation des enfants orphelins à cause du VIH et/ou séropositifs reste un souci majeur car, sur huit familles qui s’occupent d’enfants vulnérables et orphelins, une seule reçoit une aide extérieure, comme des soins médicaux, une assistance financière et un soutien pour l'éducation.

Les femmes et les filles âgées de 15 à 24 ans constituent un autre groupe particulièrement éprouvé. En Afrique subsaharienne, les femmes et les filles de ce groupe d'âge continuent de représenter près de 70 % de toutes les nouvelles infections parmi les jeunes de la région. Le rapport suggère que pour freiner les moteurs de l’épidémie - notamment les violences sexuelles – il faut associer les hommes et les garçons aux interventions.

« Les enfants ont le droit de naître sans le VIH, a déclaré Michel Sidibé, le directeur exécutif de l’ONUSIDA. Sauver des mères et des bébés n’a pas de prix. Nous pouvons accomplir cela si nous tirons profit des moyens de lutter contre le sida pour également renforcer les services de santé materno-infantile. »

Le rapport montre que les investissements dans la prévention et le traitement du VIH et du sida portent leurs fruits, notamment pour les femmes et les enfants. S’ils sont maintenus, et soutenus par un engagement vigoureux et des politiques judicieuses, on en mesurera les dividendes en nombre de vies sauvées.

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