Quand les pays riches laissent tomber leurs enfants les plus pauvres

Publié le 03 décembre 2010 | Modifié le 04 janvier 2016

On n’en parle certainement pas assez et pourtant c’est la réalité : malgré les richesses dont ils  disposent, de nombreux pays développés laissent de côté les enfants issus de milieux défavorisés. Dans sa neuvième édition, le rapport Innocenti fait le classement des 24 pays les plus riches du monde, en fonction de l’égalité qu’il y a, ou non, entre les enfants vivant sur leur territoire.

En s’appuyant sur des critères liés à la santé, à l’éducation et au bien-être matériel, le rapport démontre que bon nombre d’enfants souffrent encore de grandes inégalités dans les pays riches européens, mais aussi au Canada, aux États-Unis, en Australie, au Mexique, au Japon, au Chili, en République de Corée et en Nouvelle-Zélande. Le rapport pose la question suivante : jusqu’à quel point les nations riches sont-elles prêtes à laisser pour compte leurs enfants les plus défavorisés ?

Le rapport montre que  des pays comme la France ou la Belgique laissent se creuser le fossé entre les enfants dans une mesure bien plus significative que d’autres pays : les disparités qui s’installent entre les enfants ont des conséquences très graves, non seulement sur leur développement personnel, pour les plus défavorisés d’entre eux, mais aussi sur les économies et les sociétés.

Ce rapport a une intention claire. Il s’agit de mesurer le fossé entre l’enfant considéré comme « normal », sans difficulté particulière  et l’enfant qui se situe au bas de l’échelle. À travers trois dimensions de leur vie (bien-être matériel, réussite scolaire et santé physique), le rapport montre pour la première fois que l’on peut évaluer les performances des pays.

Les enfants souffrent directement des disparités dont ils font l’objet

La majorité des données qui figurent dans le neuvième bilan Innocenti met en garde sur le fait que les plus lourdes conséquences d’un revers économique ont tendance à s’abattre sur les familles les plus fragiles, et en particulier sur leurs enfants. « Dans les périodes difficiles, les enfants les plus pauvres devraient être les premiers à bénéficier d’une protection, non les derniers à être pris en considération ».

Le bilan se termine sur une note positive. D’après Gordon Alexander, le directeur du centre Innocenti, à Florence (Italie), tous les pays de l’OCDE* sont capables de réduire la pauvreté des enfants vivant sur leur sol. « Le fait que des pays font mieux que d’autres montre que le modèle de l’inégalité peut être brisé et que lorsque que le processus d’exclusion est identifié tôt, on peut prévenir la chute. »

*Organisation de coopération et de développement économique